« Jamais sans toi Louna » sur TF1 : Un téléfilm « engagé » sur l’histoire vraie de parents privés de leur fille

De gauche à droite: Chloé Jouannet, Thémis Terrier et Rod Paradot dans « Jamais sans toi Louna ». — Julien Cauvin/Léonis/TF1

  • « Jamais sans toi Louna » est diffusé ce lundi soir sur TF1.
  • Ce téléfilm raconte comment un jeune couple, soupçonné d’actes de maltraitances, a perdu la garde de sa fille alors que celle-ci était en réalité atteinte d’une maladie génétique rare.
  • Cette histoire est réellement arrivée à Yoan et Sabrina Bombarde en 2012. Ils ont publié l’an passé un livre, « Plus jamais sans toi Louna », dont le téléfilm est une adaptation libre.

Ils ont été privés de leur fille pendant plus de trois ans. En février 2012, Yoan et Sabrina Bombarde emmènent Louna, leur bébé de 3 mois, aux urgences à  Nancy. Elle présente des hématomes impressionnants. Le jeune couple suggère que la petite est sans doute atteinte, comme sa mère, d’un angio-oedème héréditaire, une maladie orpheline qui expliquerait ces symptômes. Une prise de sang permettrait de le prouver, mais les médecins ne veulent rien entendre. Les Bombarde, immédiatement soupçonnés de maltraitances, perdent la garde de leur enfant, placé en famille d’accueil. Ils ne la retrouveront qu’en 2015 à l’issue d’un long combat judiciaire et après avoir fait procéder, sans autorisation, à des analyses de sang de la fillette.

Jamais sans toi Louna, diffusé sur TF1 ce lundi dès 21h, est une adaptation du témoignage de Yoan et Sabrina publié aux éditions Michel Lafon l’an passé. Des libertés ont été prises avec la réalité : l’intrigue se déroule à Vannes, la pédopsychiatre incarnée par Alice Taglioni est un personnage inventé… Mais l’adversité que le couple a dû surmonter est fidèlement retranscrite.

« Une fois que vous êtes pris dans les griffes des services sociaux, c’est un combat »

« L’idée du livre et du téléfilm, c’est de passer un message. A cette heure-ci, il y a d’autres parents qui se battent, malheureusement accusés à tort. Une fois que vous êtes pris dans les griffes de la justice et des services sociaux, c’est un combat. Le but est de leur donner espoir, de dire que, quand on est innocent, il faut se battre jusqu’au bout pour le prouver », affirme Yoan Bombarde.

Si son épouse et lui ont été relaxés en juillet 2015, leur combat n’est pas pour autant terminé. « On a attaqué, il y a un peu plus d’un an le CHU de Nancy et les trois médecins experts qui se sont prononcés en faveur de la maltraitance sans faire la prise de sang. Tout début septembre, on attaque l’Aide sociale à l’enfance de Meurthe et Moselle pour des rapports affabulateurs et avoir laissé traîner la procédure », révèle le papa de Louna.

Ces procédures judiciaires en cours n’ont pas empêché de concrétiser le téléfilm. La question ne s’est pas posée. « Les questions philosophique et sociale priment sur tout, assume Jean-Benoît Gillig qui se définit comme un « producteur citoyen ». Il est important de faire des films qui touchent le plus grand nombre et suscitent des débats. » Par le passé, celui-ci a œuvré sur des « productions engagées », selon ses termes, telles que J’ai peur d’oublier ou L’emprise, respectivement consacrées à la maladie d’Alzheimer et aux violences conjugales.

« Partager cette histoire aujourd’hui me semble être une nécessité absolue »

L’épreuve traversée par la famille Bombarde l’a particulièrement remué. « Ce qu’ils ont vécu, je trouve ça innommable. Une simple prise de sang aurait évité bien des catastrophes. Partager cette histoire aujourd’hui me semble être une nécessité absolue, estime Jean-Benoît Gillig. La société est divisée, il y a un manque de communication. On doit réapprendre à s’écouter, à se faire confiance. Le tout-sachant [ici, les médecins] doit aussi être à l’écoute ».

Jamais sans toi Louna se referme sur un message soulignant que « le cas de Louna est unique ». « Ce n’est pas une protection juridique, assure le producteur. On a un système de protection de l’enfance qui fonctionne aussi excellemment bien. On ne va pas stigmatiser l’ensemble de cette profession, de ces gens qui font un boulot formidable. On a la chance de vivre dans un pays qui a installé le principe de précaution », plaide-t-il.

Un constat que ne partagent pas entièrement les époux Bombarde. « Il est important de ne pas faire de généralités, admet Sabrina. Le principe de précaution est nécessaire, on ne le remet pas en cause. Mais à la base, il peut durer jusqu’à six mois maximum. Dans notre cas, il a duré quatre ans. »

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