Italie : Google condamné à une amende de 100 millions d’euros pour abus de position dominante

Le logo de Google sur un smartphone. — Matt Rourke/AP/SIPA

Cela va-t-il donner des idées aux autres pays européens ? Le gendarme de la concurrence en Italie a annoncé jeudi imposer à Google une amende de plus de 100 millions d’euros pour abus de position dominante.

Cette amende, d’un montant de 102,084 millions d’euros, est justifiée par le refus du géant de l’internet d’accepter sur sa plateforme Google Play une application tierce permettant de trouver des bornes de recharge pour les voitures électriques, précise l’Antitrust italien.

En Italie, près de 75 % des smartphones utilisent Android

« A travers le système opérationnel Android et le magasin d’applications Google Play, Google détient une position dominante (…) Il faut rappeler qu’en Italie environ les trois quarts des smartphones utilisent Android », explique le régulateur. Selon l’enquête, « Google n’a pas autorisé » l’utilisation de l’application JuicePass, développée par le géant italien de l’énergie Enel, sur son système Android Auto qui permet à un véhicule de se connecter et d’obtenir de nombreux services.

« JuicePass offre une large gamme de services destinés à la recharge des véhicules électriques qui vont de la recherche d’une borne de recharge à la gestion de la recharge en passant par la réservation d’une borne », poursuit le gendarme de la concurrence. Cette application est donc en concurrence avec l’application Google Maps du géant américain qui ne permet pour le moment cependant que de chercher les bornes de recharge pour les véhicules électriques.

Une enquête ouverte en mai 2019

« Google, en refusant à Enel X Italia (…) de rendre disponible JuicePass sur Android Auto, a injustement limité les possibilités pour les utilisateurs de l’application d’Enel », estime l’Antitrust qui avait ouvert une enquête en mai 2019. « L’exclusion de l’application d’Enel X Italia d’Android Auto dure depuis plus de deux ans. La poursuite de cette conduite pourrait compromettre définitivement la possibilité pour Enel X Italia de construire une base solide d’utilisateurs à un moment où on enregistre une croissance significative des ventes de véhicules électriques », ajoute le régulateur.

Dans ce contexte, l’Italie a également imposé à Google de mettre à la disposition d’Enel X Italia et d’autres développeurs d’applications « les instruments pour la programmation d’application fonctionnant sur Android Auto ». Cette obligation sera contrôlée à l’aide d’un expert indépendant de l’Antitrust « auquel Google devra fournir toute la collaboration et les informations réclamées ».

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