Iris, la constellation de satellites « made in UE » pour sécuriser Internet et la stratégie militaire

« Iris est un grand pas pour notre résilience, et un pas de géant pour notre souveraineté technologique », a lâché ce jeudi le commissaire à l’Industrie et à l’Espace Thierry Breton. Mais Iris, c’est quoi ? Eh bien, c’est une constellation de satellites « made in Union européenne » destinée à sécuriser Internet et ses communications « partout » sur son territoire.

Le coût du projet, qui vient renforcer Galileo, le système de positionnement par satellite, et Copernicus, le système d’observation de la terre, a été évalué à 6 milliards d’euros. Un accord a été trouvé après neuf mois de négociations entre le Parlement européen et les Etats membres sur la dotation. Celle-ci est composée de 2,4 milliards d’euros provenant du budget de l’UE, auxquels doivent s’ajouter 750 millions d’euros de l’Agence spatiale européenne. Le secteur privé doit boucler le financement.

Iris devrait être pleinement opérationnelle en 2027

Iris doit permettre de fournir aux Etats membres des connexions sécurisées, notamment pour un usage militaire, et Internet « partout, y compris dans les régions les plus reculées de l’UE et en Afrique ». Elle doit surtout permettre de le « maintenir en cas de crash des infrastructures terrestres ». « La guerre russe contre l’Ukraine a démontré notre besoin de devenir plus autonomes, a souligné le négociateur du groupe du Parti Populaire Européen (droite proeuropéenne) Massimiliano Salini. Néanmoins, il est regrettable que de l’argent soit prélevé sur d’importants programmes existants comme Horizon Europe. »

Les premiers services doivent être fournis à la fin de l’année 2024 et Iris devrait être pleinement opérationnelle en 2027, ont souligné les services de Thierry Breton.

L’UE veut sécuriser ses communications et ne pas être prise de court par les projets développés par les Etats-Unis et la Chine. Et Iris devrait ainsi compter quelques centaines de satellites placés sur plusieurs orbites, contrairement à Starlink, et ils devront être en mesure de résister aux cyberattaques. Enfin, l’UE veut être en mesure de surveiller le trafic dans l’espace « depuis l’espace » avec cette nouvelle constellation.