Iran : Le régime avertit les Européens des conséquences de leur décision « insensée »
Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a déclaré qu’« aucune » rencontre n’était prévue avec les Etats-Unis et que les capacités de défense du pays ne feront jamais l’objet de négociations. L’Union européenne a désigné les Gardiens de la Révolution comme « organisation terroriste », provoquant une mise en garde du chef du pouvoir judiciaire iranien, Gholamhossein Mohseni Ejei, qui a affirmé que les Européens « subiront les conséquences » de cette décision « insensée ».

Téhéran refuse de négocier sur ses capacités de défense, aucune rencontre prévue avec les Etats-Unis
Le ministre des Affaires étrangères iranien a déclaré vendredi qu’il était disposé à discuter du programme nucléaire, mais pas des capacités de défense du pays, ajoutant qu’« aucune » rencontre n’était programmée à ce stade avec les États-Unis.
« Je tiens à affirmer fermement que les capacités de défense et les missiles iraniens ne feront jamais l’objet de négociations », a indiqué Abbas Araghchi lors d’une conférence de presse avec son homologue turc à Istanbul. « La sécurité du peuple iranien ne regarde personne d’autre ».
Les Etats-Unis doivent résister à la pression d’Israël de frapper l’Iran, affirme la Turquie
Les États-Unis doivent résister à la pression de leur allié israélien de frapper l’Iran, a affirmé vendredi le ministre des Affaires étrangères turc à l’issue d’une rencontre à Istanbul avec son homologue iranien.
« Nous constatons qu’Israël tente de convaincre les États-Unis de lancer une attaque militaire contre l’Iran (…) Nous espérons que l’administration américaine fera preuve de bon sens », a déclaré le ministre turc des Affaires étrangères Hakan Fidan lors d’une conférence de presse avec son homologue Abbas Araghchi.
Les Européens « subiront les conséquences » de leur décision « insensée » contre les Gardiens de la Révolution, prévient l’Iran
Le chef du pouvoir judiciaire iranien, Gholamhossein Mohseni Ejei, a averti vendredi que les Européens « subiront les conséquences » de leur décision « insensée », prise la veille, de désigner les Gardiens de la Révolution comme « organisation terroriste ».
« Il ne fait aucun doute que cette action hostile » de l’Union européenne « ne restera pas sans réponse », a-t-il assuré, selon la télévision d’État. « Ils subiront les conséquences de cette décision insensée ».
Les Gardiens de la Révolution, bras armé de la République islamique, sont accusés d’avoir orchestré la répression sanglante de la contestation populaire en janvier.
« En prison en Iran, tout est fait pour déshumaniser », se souvient un Français, ex-détenu
La répression actuelle en Iran rappelle de douloureux souvenirs à Louis Arnaud, un Français ayant vécu « à l’état d’animal » dans une prison de Téhéran où « tout est fait pour déshumaniser et humilier ». Louis Arnaud raconte ses 623 jours de détention dans « La révolution intérieure » (Editions des Equateurs). Dans cet ouvrage disponible pour le moment en langue française, il explique comment il a « trouvé la liberté » dans « l’enfer » de la prison d’Evine, à Téhéran.
Arreté le 28 septembre 2022, quelques jours après le début du mouvement « Femme, vie, liberté » déclenché par la mort de Mahsa Amini, l’ancien consultant se retrouve enfermé à Evine dans « un corridor d’une cinquantaine de mètres de long sur trois de large. Un tunnel sans aucune fenêtre. Aucun lit, aucune chaise, aucun meuble… mais des hommes. Ils sont une centaine allongés à même le sol », se souvient-il.
Le jeune Français y restera trois mois avant d’être transféré dans la section 209, « la plus dure » d’Evine, qui est « le quartier de haute sécurité des services de renseignement », explique-t-il dans un entretien à l’AFP.
Erdogan propose à l’Iran de jouer un rôle de « facilitateur » avec les États-Unis
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a proposé vendredi à son homologue iranien Massoud Pezeshkian que la Turquie joue un rôle de « facilitateur » entre Téhéran et Washington, qui fait peser la menace d’une intervention militaire contre l’Iran, a annoncé Ankara.
« Au cours de leur entretien (téléphonique), le président Erdogan a souligné que la Turquie était prête à jouer un rôle de facilitateur entre l’Iran et les États-Unis afin d’apaiser les tensions et de résoudre les problèmes », a déclaré la présidence turque dans un communiqué, alors que le chef de la diplomatie iranienne est en visite vendredi à Istanbul.
Trump affirme qu’il « espère ne pas devoir » frapper l’Iran
Le président américain a déclaré jeudi soir qu’il « espère ne pas devoir » frapper l’Iran, pays sur lequel les États-Unis font peser la menace d’une intervention militaire.
« Nous sommes forts. Nous sommes puissants financièrement. Nous sommes puissants militairement. (…) Et désormais nous avons un groupe (aéronaval) qui se dirige vers un pays appelé Iran. Et j’espère ne pas devoir utiliser cette force », a-t-il déclaré devant la presse à Washington.
Jeudi, l’UE a, elle aussi, mis la pression sur le régime iranien en décidant de classer comme « organisation terroriste » les Gardiens de la Révolution
L’Union européenne a renforcé la pression, ses 27 ministres des Affaires étrangères convenant de désigner comme « organisation terroriste » les Gardiens de la Révolution, bras armé de la République islamique accusé d’avoir organisé la répression sanglante en janvier.
« Terroriste, c’est bien ainsi que l’on qualifie un régime qui réprime les manifestations de son propre peuple dans le sang », a déclaré la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.
« Tout régime qui tue des milliers de ses propres citoyens travaille à sa propre perte », a ajouté la cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas, tout en estimant, en réaction à l’éventualité de frappes américaines, que le Moyen-Orient n’avait pas besoin d’une « nouvelle guerre ».
L’Iran menace de frapper les bases militaires et porte-avions américains en cas d’attaque
« Nous devons nous préparer à la guerre », a répété le vice-président iranien Mohammad Reza Aref, tandis que d’autres responsables ont continué jeudi à menacer de lourdes représailles en cas d’attaque.
L’Iran répondra « instantanément », a juré le porte-parole de l’armée, évoquant les « sérieuses vulnérabilités » des porte-avions américains. La riposte sera « écrasante », avait promis plus tôt le chef de l’armée Amir Hatami, annonçant que les régiments de combat avaient été dotés de 1.000 drones.
Bonjour et bienvenue dans ce nouveau live consacré à la situation en Iran
Alors que les manifestations populaires contre le régime iranien ont été durement réprimées ces dernières semaines, la tension monte entre l’Iran et les États-Unis. Ces derniers menacent toujours d’une intervention militaire, le régime des mollahs promettant de frapper « instantanément » les bases et porte-avions américains en cas d’attaque. L’ONU, de son côté, appelle au dialogue pour éviter une crise aux « conséquences dévastatrices ».

