Iran : La création des cryptomonnaies fait craindre une aggravation des pannes de courant

La création des cryptomonnaies peut avoir des effets négatifs sur la vie quotidienne. En Iran par exemple, les opérations de minage de ces monnaies risquent de causer de nouvelles coupures de courant cet hiver, s’est alarmée dimanche la compagnie publique de distribution d’électricité.

Après avoir interdit en mai l’extraction de cryptomonnaies, les autorités ont de nouveau autorisé à la mi-septembre cette pratique énergivore qui avait contribué, entre autres facteurs, à saturer cet été le mauvais réseau électrique iranien. La compagnie publique de distribution d’électricité redoute désormais qu’au moins « 10 % des pannes d’électricité de cet hiver soient causées par l’utilisation des machines illégales de minage ».

Des opérations contre les mineurs clandestins

Le pays a été marqué cet été par des coupures de courant à répétition, « dont 20 % étaient causées par les machines de cryptomonnaies illégales », a rappelé la compagnie. Ces pannes avaient suscité la colère de la population au moment où les températures dépassaient par endroits les 50 degrés, poussant la police à mener plusieurs opérations contre les mineurs clandestins accusés de gaspiller l’énergie.

L’Iran est l’un des premiers pays à avoir légalisé le « minage » de bitcoins en septembre 2018, à condition que ceux qui en fabriquent obtiennent une autorisation préalable auprès des autorités. Alléchées par les tarifs avantageux de l’électricité, plusieurs entreprises étrangères se sont ruées en Iran, venant de Chine, de Russie, d’Allemagne ou encore d’Australie, et avaient été autorisées à extraire des bitcoins. Aujourd’hui, seules des compagnies chinoises continuent l’extraction.

Les Iraniens échangent en outre quotidiennement de manière informelle environ 700 bitcoins, selon un rapport parlementaire, qui précise que sur les 324.000 bitcoins « minés » annuellement dans le monde, 19.500 le sont dans la République islamique. Les transferts de cryptomonnaies sont un moyen pour l’Iran d’atténuer les effets des sanctions américaines qui étouffent son économie, selon des responsables.