Irak : Deux soldats américain et britannique et un civil tués dans des tirs de roquettes

Selon la coalition internationale en Irak, 18 roquettes ont été tirées contre la base militaire de Taji et ont fait trois morts, le 11 mars 2020. — ARMEE

  • 18 roquettes se sont abattues sur la base militaire de Tiji, en Irak.
  • Trois personnes ont été tuées: deux soldats américain et britannique et un civil
  • La coalition internationale a riposté avec des raids aériens contre des positions iraniennes, deux mois après les vives tensions entre Washington et Téhéran.

En décembre dernier, la mort d’un sous-traitant américain avait embrasé la région. Des tirs de roquettes contre une base militaire en Irak ont fait trois morts mercredi, dont deux soldats américain et britannique, marquant une escalade dans les tensions entre Washington et ses alliés d’une part, et Téhéran et ses supplétifs de l’autre.

Après cette attaque – la plus meurtrière recensée contre une base abritant des soldats américains depuis plusieurs années –, des raids aériens ont visé des positions de supplétifs de l’Iran à la frontière entre l’Irak et la Syrie, a indiqué à l’AFP le directeur de l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), Rami Abdel Rahmane. Ces raids ont tué 18 paramilitaires irakiens, selon la même source.

3 morts et 12 blessés

Ces tirs de roquette sont la 22e attaque depuis la fin octobre contre des intérêts américains en Irak. Ils n’ont pas été revendiqués mais Washington – qui dirige la coalition internationale antidjihadiste en Irak – attribue régulièrement ces attaques aux factions irakiennes pro-Iran. Après les raids aériens, qui pourraient être des représailles, le spectre de nouvelles violences plane en Irak, où les tensions entre les deux grands alliés du pouvoir à Bagdad, Téhéran et Washington, ont déjà dégénéré ces derniers mois.

Deux soldats, l’un américain et l’autre britannique, ainsi qu’un sous-traitant américain ont été tués mercredi soir sur la base irakienne de Taji, au nord de Bagdad, a indiqué à l’AFP un responsable militaire américain. La coalition internationale antidjihadiste emmenée par les États-Unis a indiqué que 18 roquettes avaient été tirées, faisant également 12 blessés, sans préciser leur nationalité. La coalition compte des dizaines d’États membres, dont les États-Unis qui ont déployé 5.200 soldats sur diverses bases militaires en Irak.

Deux mois depuis la mort de Soleimani

Quelques heures plus tard, « dix explosions » ont secoué une zone au sud de la ville syrienne de Boukamal, frontalière de l’Irak, a rapporté à l’AFP M. Abdel Rahmane. « Trois avions probablement de la coalition internationale ont visé des positions iraniennes et des factions armées alliées, dont le Hachd al-Chaabi irakien », a indiqué le directeur de l’OSDH, en référence à cette coalition de paramilitaires désormais intégrés aux forces régulières irakiennes. Au moins « 18 combattants Irakiens » du Hachd al-Chaabi ont été tués, selon la même source.

Régulièrement, une ou plusieurs roquettes s’abattent sur des bases accueillant des soldats américains ou sur l’ultrasécurisée Zone verte de Bagdad où siège l’ambassade américaine. Mais le nombre de roquettes tirées mercredi est particulièrement élevé.

Deux jours après la mort d’un Américain dans les tirs de 30 roquettes sur une base militaire irakienne à Kirkouk (nord) fin 2019, l’armée américaine avait frappé cinq bases, en Irak et en Syrie, d’une faction armée pro-Iran, les brigades du Hezbollah, faisant 25 morts dans ses rangs.

Les tensions s’étaient ensuite accentuées entre Washington et Téhéran, menant à l’assassinat à Bagdad du puissant général iranien Qassem Soleimani et de son lieutenant irakien dans une frappe américaine, ainsi qu’à des bombardements iraniens de bases irakiennes abritant des soldats américains en représailles.

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