Intervention des Etats-Unis au Venezuela : Trump juge « formidable » la remplaçante de Maduro
Nicolás Maduro a été incarcéré à New York, marquant une étape dans la mainmise de Washington sur Caracas. Depuis décembre, 406 personnes ont été libérées selon Delcy Rodriguez, bien que l’ONG Foro Penal recense seulement 72 libérations.
Avec l’incarcération de Nicolás Maduro à New York, l’influence de Washington sur Caracas se renforce. Donald Trump et la présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodriguez, ont annoncé mercredi avoir eu une « longue conversation ». Il s’agit de la première discussion rendue publique depuis l’arrestation par les États-Unis, le 3 janvier, de celui qui dirigeait fermement le Venezuela.
Donald Trump, qui a souvent affirmé qu’il allait gérer le pétrole vénézuélien, a déclaré que les États-Unis « travaillaient très bien » avec la nouvelle dirigeante – ancienne vice-présidente de Nicolás Maduro –, qu’il a décrite comme une « personne formidable ».
Le pétrole et les minerais au centre des discussions
« Nous faisons des progrès considérables en contribuant à la stabilisation et au redressement du Venezuela. De nombreux sujets ont été abordés, notamment le pétrole, les minerais, le commerce et, bien sûr, la sécurité nationale. Ce partenariat entre les États-Unis et le Venezuela sera spectaculaire pour tous. Le Venezuela sera bientôt à nouveau grand et prospère, peut-être plus que jamais auparavant ! », a exprimé avec enthousiasme le président américain.
Peu après, Delcy Rodriguez a qualifié l’appel de « long, productif et courtois ». « Nous avons discuté d’un agenda de travail bilatéral au bénéfice de nos peuples, ainsi que des questions en suspens dans la relation entre nos gouvernements ».
Un « triumvirat » au pouvoir au Venezuela
La présidente par intérim, son frère Jorge Rodriguez, président de l’Assemblée nationale, et le ministre de l’Intérieur Diosdado Cabello – le « triumvirat » regroupant les trois personnes les plus influentes du pays – se sont présentés devant la presse au palais présidentiel mercredi. Le Venezuela « s’ouvre à une nouvelle ère politique », a affirmé Delcy Rodriguez. Interrogée par des journalistes sur un éventuel voyage à Washington ou en Colombie, son frère Jorge a plaisanté : « Son passeport est périmé. »
Delcy Rodriguez a également indiqué que les libérations de prisonniers politiques se poursuivaient, annonçant 406 personnes libérées depuis décembre, tout en affirmant qu’il s’agissait d’un processus initié par Nicolás Maduro avant sa chute. Toutefois, de nombreux analystes estiment que cette mesure fait partie d’une série de concessions faites à Donald Trump. En dépit des chiffres officiels, l’ONG Foro Penal recense seulement 72 libérations, tandis que d’autres ONG estiment que plus de 800 prisonniers politiques sont actuellement détenus dans le pays.
Le président américain doit par ailleurs rencontrer ce jeudi l’opposante vénézuélienne et lauréate du prix Nobel de la paix, María Corina Machado. Jusqu’à présent, Donald Trump a écarté l’idée de confier à cette dernière des responsabilités dans son pays.

