France

Intempéries et inondations : le prix des fraises va-t-il augmenter ?

Le département du Lot-et-Garonne concentre 25 à 30 % de la production nationale de fraises. En Espagne, les tempêtes ont entraîné une baisse de 50 % des exportations par rapport à l’année dernière, selon Freshuelva.


Il n’y a jamais de bon moment pour subir une inondation. Cependant, le passage de la tempête Nils et les crues de la Garonne et du Lot tombent particulièrement mal pour la culture de la fraise dans le département du Lot-et-Garonne. « On est à la veille de la récolte, on va commencer à ramasser les premiers fruits début mars », déclare Xavier Mas à 20 Minutes, président de l’Association d’Organisations de Producteurs nationale (AOPn) Fraises Framboises de France.

Ce département est le premier producteur de fraises en France, représentant 25 à 30 % de la production nationale de ce fruit. « Pour les producteurs situés en bordure de Garonne, les crues ont eu un impact assez important », témoigne ce fraisiculteur qui gère une exploitation de deux hectares et demi dans la vallée du Lot.

### Déficit de luminosité

Heureusement, la moitié de la production française est cultivée hors sol, ce qui protège les plants de fraises de l’excès d’eau. « Mais j’ai certains collègues qui ont plus d’un mètre d’eau dans leurs serres : ils ne peuvent pas accéder à leurs cultures », précise Xavier Mas. Cela signifie que les plants ne reçoivent pas les soins nécessaires en cette période cruciale. « C’est une période critique : la plante fleurit, les premiers fruits sont formés… C’est maintenant qu’on doit y porter du soin », ajoute-t-il, en mentionnant aussi les dégâts matériels sur certaines serres qui endommagent les plants.

En plus des inondations localisées, la culture de la fraise est touchée par un déficit général de luminosité depuis le début de l’année. Les maraîchers bretons, qui cultivent sous serre, ne subissent pas les intempéries mais sont affectés par le manque de lumière, indique à 20 Minutes une coopérative de Rennes. « On a perdu quatre ou cinq jours de précocité en matière d’avancée de récolte à cause du déficit de lumière », ajoute Xavier Mas.

### « Trop tôt »

La France n’est pas la seule à souffrir. En Grèce, les cultivateurs désespèrent face au manque de soleil, comme le rapporte le média spécialisé Fresh Plaza, ce qui crée une forte incertitude sur les volumes récoltés. En Espagne, premier producteur de fraises en Europe, les tempêtes ont également impacté la production. Selon Freshuelva, l’association professionnelle des producteurs et distributeurs de fraises de Huelva, en Andalousie, les dégâts ont conduit à une baisse de 50 % des exportations par rapport à l’année précédente. D’après les données du Réseau des Nouvelles des marchés, à Rungis, la barquette de fraises de catégorie 1 en provenance d’Espagne se vend à 9 euros le kilo ce jeudi. Un an plus tôt, le même produit était proposé à 5,50 euros.

Cependant, « il est trop tôt » pour envisager une augmentation significative des prix, assure Xavier Mas, en particulier pour la fraise française. « Ce n’est pas automatique, souligne-t-il. Il y a de la production de fraises partout en France ». Si les producteurs du Sud-Ouest subissent les conséquences des intempéries, d’autres pourront mieux s’en sortir. « Globalement, je pense que la production sera à peu près similaire à celle de l’année dernière », conclut-il.