France

Inondations en Gironde : « Je ne me décourage pas, je rentre »

Olivier, 27 ans, vit à Cadillac-sur-Garonne, dans le département de la Gironde classé en vigilance rouge, et a réussi à garder l’eau en dehors de son logement jusque-là. La ministre Monique Barbut a exprimé la « solidarité nationale avec les habitants qui vivent ses événements dramatiques » et a souligné le caractère exceptionnel des « 31 jours d’affilée de périodes de pluie ».


Il garde le sourire malgré cette épreuve. Olivier, 27 ans, réside à Cadillac-sur-Garonne, une commune de la Gironde placée en alerte rouge, l’une des plus touchées par les inondations. « La planche que j’avais vissée et colmatée sur ma porte avec du silicone n’a pas suffi, donc je mets de la mousse expansive, pour boucher toutes les entrées possibles (bouches d’aération, compteur, etc.) », précise-t-il.

Déterminé, il a empilé des sacs de sable et installé une bâche sur la porte d’entrée de son logement, qui offre désormais une vue sur le fleuve. « Je continue à vivre chez moi, je passe par la fenêtre », ajoute-t-il, un sac rempli de produits de bricolage à ses pieds. Dimanche, il a constaté une flaque d’eau dans son logement, mais grâce à ses efforts, il a réussi à maintenir l’eau à l’extérieur jusqu’à présent. Il indique qu’à deux pas de sa maison, deux voitures ont été noyées par les eaux, à tel point qu’elles sont devenues invisibles.

« C’est monté d’un bloc », confirme Jean-Paul Laurent, gérant de l’agence Safti immobilier, ouverte depuis un mois et demi. Bien que son agence ne soit pas encore inondée « à deux centimètres près », l’accès nécessite des bottes. « On a coupé l’électricité et je viens ce lundi pour surélever les meubles car une crue encore pire se prépare avec les gros coefficients », explique-t-il, sans garantir la survie du parquet face à cette deuxième vague.

### Cinq tonnes d’affaires mises à l’abri

« On fait le tour des logements pour les approvisionner comme on peut et on leur propose de stocker leurs affaires dans un hangar qu’on nous a prêté, » explique Sandrine Prat, adjointe au maire de Cadillac-sur-Garonne. « On en a déjà récolté cinq tonnes. » Jackie Alvès conduit l’un de ses camions pour mettre à l’abri les biens des sinistrés. « S’il y a besoin de soutien pour dormir ou quoi, on est aussi là », précise-t-il, pressé de reprendre la route. De l’autre côté du fleuve, d’autres logements se trouvent isolés, et les cuissardes ne suffisent pas pour traverser en raison d’un courant trop fort.

La brigade nautique d’Arcachon, mobilisée sur tout le département en fonction des besoins, confirme qu’il est risqué de s’aventurer à pied, au risque d’être emporté. « Les évacuations importantes ont déjà été faites, mais là on intervient pour des gens qui espéraient rester, » explique un membre de cette brigade. « On a évacué ce matin un papa qui était resté dans le logement après le départ du reste de la famille, mais il n’avait plus d’eau chaude, cela commençait à être compliqué. »

### « 31 jours d’affilée de pluie »

La ministre Monique Barbut était présente dans cette commune touchée ce lundi pour exprimer la « solidarité nationale avec les habitants qui vivent ces événements dramatiques », mettant en avant le caractère exceptionnel des « 31 jours d’affilée de périodes de pluie ». Elle a annoncé que l’état de catastrophe naturelle sera reconnu après la fin de l’épisode de crues par la commission interministérielle.

« On demande des moyens à l’Etat et un accompagnement sur le dossier de reconnaissance, » réagit Valérie Meneret, adjointe à la mairie de Landiras et vice-présidente de Convergence Garonne, la communauté de communes. « En clair, dites-nous aujourd’hui à quelle hauteur vous allez nous aider ! » Elle souligne que les cinq kilomètres de digues doivent être entièrement révisés et que le soutien de l’Etat est crucial.

« On vit aujourd’hui le futur, ce qu’on pensait vivre dans 5, 10, 15 ans c’est la réalité aujourd’hui, » déclare la ministre. « Le maître mot c’est l’adaptation. » « Comment s’adapter face à l’eau ? » s’interroge, un peu résigné, Jean-Paul Laurent. « Il n’y a pas grand-chose à faire, je crois… »