France

Inondations en Bretagne : vigilance orange prolongée pour une crue sournoise

Le Finistère, le Morbihan et l’Ille-et-Vilaine sont toujours en vigilance orange aux crues ce mardi. Depuis le 1er décembre, les cumuls de pluie dépassent 500 mm sur le centre Finistère, avec 544 mm relevés à Sizun et 526 mm à Brennilis.


Le Finistère, le Morbihan et l’Ille-et-Vilaine demeurent en vigilance orange aux crues ce mardi. Depuis plus d’une semaine, plusieurs cours d’eau des trois départements bretons sont sous surveillance. Ce mardi, les Côtes-d’Armor ont également été soumises à cette vigilance.

La Laïta, qui traverse Quimperlé, l’Odet, qui passe par Quimper, ainsi que l’Oust, qui se jette dans la Vilaine à Redon, sont en alerte. Le 27 janvier, le Blavet a été ajouté à la liste des vigilances orange. La Vilaine, la Seiche et d’autres cours d’eau restent en alerte jaune, selon les informations de Vigicrues.

Après une brève accalmie dimanche, de nouvelles pluies intenses se sont abattues sur des sols déjà saturés. La terre bretonne, gorgée d’eau, ne peut plus absorber les précipitations et renvoie tout dans les rivières. Les conséquences sont visibles avec des débordements et des inondations en cours. Cependant, la durée exacte de cette situation reste incertaine.

Face à la montée des eaux de la Laïta, le maire Michaël Quernez ne sait pas quand la vigilance pourra être levée. « Pas aujourd’hui, ça va être critique en milieu d’après-midi », a-t-il averti. Dans le département du Morbihan, la préfecture exprime également des vagues d’incertitude : « On serait contents de savoir quand ça va s’arrêter. Mais là, c’est très difficile à dire. Ça va remonter d’ici la fin de journée. » À Malestroit, certains habitants se retrouvent avec les pieds dans l’eau, mais les dégâts restent limités. Les pompiers ont effectué neuf interventions durant la nuit, principalement pour des opérations de pompage. « L’eau monte, on le voit. On se prépare à l’éventualité d’être inondés », a reconnu Thierry Poulain.

Le maire de Rieux, qui a géré le barrage d’Arzal pendant douze ans, souligne que cette crue est particulièrement insidieuse. « La crue que nous subissons actuellement est sournoise car elle est douce. Ce n’est pas du tout un tsunami, c’est quelque chose qui vient comme par en dessous. On va traîner ça un moment », a affirmé l’élu.

L’hiver est particulièrement pluvieux en Bretagne. Selon Keraunos, depuis le 1er décembre, les cumuls de précipitations dépassent les 500 mm dans le centre du Finistère, avec 544 mm relevés à Sizun et 526 mm à Brennilis. Les anomalies pluvieuses sur les stations de référence varient de +50 à +100 % en Finistère. La situation est inquiétante, surtout pour janvier, qui a déjà enregistré 312 mm de pluie à Quimper, se rapprochant ainsi du record historique de 348,7 mm de janvier 1988, d’après Météo Bretagne.

Dans la région, ceux qui craignent les inondations ont les yeux rivés sur les prévisions météo, qui ne sont pas favorables. À Quimperlé, Météo Agricole annonce des précipitations significatives au moins jusqu’au 5 février. La situation est similaire à Redon (Ille-et-Vilaine), où des dispositifs anti-inondations ont été mis en place.

Cependant, une bonne nouvelle se profile : les coefficients de marée diminuent, permettant une meilleure évacuation des eaux par les fleuves côtiers, évitant ainsi des remontées d’eaux qui ont souvent pénalisé Morlaix ou Quimperlé. Cela dit, cette situation ne devrait pas perdurer, car des coefficients importants pourraient mettre à nouveau Morlaix ou Quimperlé en difficulté dès la fin de la semaine.