Informaticiens, employés de mairies, électriciens : les acheteurs de poupées pédopornographiques interpellés.
Dix-neuf hommes ont été interpellés mercredi lors d’une opération policière en France et sont suspectés d’avoir acheté des poupées sexuelles à caractère pédopornographique. Au total, sept suspects sont déjà connus de la justice pour des faits de pédocriminalité, dont certains pour détention d’images pédopornographiques.
« Il y a de tout : des professions libérales, des entrepreneurs, des chômeurs, des informaticiens, des employés de mairies, des électriciens… » Ce sont 19 hommes qui ont été interpellés mercredi lors d’une vaste opération policière menée à travers la France. Ils sont suspectés d’avoir acheté des poupées sexuelles à caractère pédopornographique sur des sites de vente en ligne, comme l’indique à *20 Minutes* une source proche de l’enquête, confirmant une information de *Libération*. Ils ont été placés en garde à vue pour « acquisition et détention de l’image ou de la représentation d’un mineur présentant un caractère pornographique ».
Saisis par le parquet de Paris, les enquêteurs de l’Office des mineurs (Ofmin) ont commencé à s’intéresser aux acheteurs de ce type de poupée lorsque le scandale a éclaté au début du mois de novembre. Rapidement, les policiers identifient quatre acheteurs, mais décident d’en identifier d’autres afin de procéder à une vague d’interpellations. Ils engagent des réquisitions auprès des sites marchands et récupèrent les noms d’une trentaine d’acquéreurs. « Mais certains ont eu peur lorsque la polémique a éclaté et ont annulé leurs achats », confie à *20 Minutes* une source bien informée.
### Sept suspects déjà connus
Finalement, les enquêteurs ciblent 21 hommes. L’un d’eux est décédé quelques jours avant le lancement de l’opération, tandis qu’un autre a pour l’instant échappé à la police. Néanmoins, 19 suspects ont été arrêtés dans différentes régions de France : à Orléans, à Mulhouse, dans la Nièvre, dans les Hautes-Pyrénées, dans les Alpes-Maritimes, en Vendée, dans le Morbihan, dans la Meuse, dans le Nord et en Normandie. Selon nos informations, trois d’entre eux ont acquis des poupées sexuelles d’apparence enfantine sur le site Shein, tandis que les autres l’ont fait sur Ali Express.
Au total, sept suspects étaient déjà connus des services de justice pour des faits de pédocriminalité, certains pour des agressions sexuelles, d’autres pour détention d’images pédopornographiques. « Parmi les suspects, âgés de un peu plus de 20 ans à près de 70 ans, un tiers était déjà connu pour des faits de nature sexuelle envers des mineurs », a confirmé le parquet de Paris dans un communiqué ce jeudi.
### Du matériel informatique saisi
Quatre d’entre eux sont interrogés par l’Office des mineurs, tandis que les autres le sont par les services locaux de la police judiciaire. Leur matériel informatique et leurs téléphones portables ont été saisis et vont être analysés. « Certains vont être libérés, tout le monde ne sera pas déféré. Mais certains seront certainement impliqués dans d’autres affaires, comme la consultation ou la détention d’images pédopornographiques », indique une source de la police.
Les suspects encourent une peine de 5 ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende. Le parquet de Paris a annoncé s’être dessaisi au profit des parquets compétents selon les lieux de résidence des suspects. En revanche, il reste en charge des investigations concernant les plateformes de vente « et les conditions dans lesquelles elles ont pu ne pas verrouiller l’accès aux mineurs à ces contenus ou diffuser des images ou représentations de mineurs à caractère pornographique ».

