Inégalités salariales : A partir de ce vendredi à 9h10, les femmes « travaillent gratuitement »

Cette année, les femmes commencent à « travailler gratuitement » vendredi 4 novembre à 9h10. Réjouissons-nous (c’est ironique), en 2021, c’était un jour plus tôt, le 3 novembre à 9h22. Cette date et cette heure symboliques ont été calculées par la lettre d’information féministe « Les Glorieuses », à partir de statistiques européennes sur l’écart de salaire entre les femmes et les hommes en France. Cette année, les femmes gagnent en moyenne 15,8 % de moins que les hommes, contre 16,5 % l’an passé.

Les militantes, qui relaient le mouvement #4Novembre9h10, ont lancé une pétition pour réclamer la mise en place de trois politiques publiques visant à favoriser l’égalité salariale. Elles demandent notamment une revalorisation des salaires des professions où les femmes sont les plus nombreuses. « Les emplois de soin et d’éducation, très féminisés, qui ont été cruciaux ces trois dernières années pour la France font partie des emplois les moins bien valorisés en termes de salaires », déplorent « Les Glorieuses » dans un communiqué.

Une évolution du congé maternité et paternité

Ces militantes plaident également en faveur d’une évolution du congé maternité et paternité. « L’idée serait de s’inspirer de la loi suédoise, pour proposer un congé à se répartir entre les deux parents, avec un minimum de jours à prendre réservés au père » et payés de façon équivalente, précise l’économiste Rebecca Amsellem, fondatrice des « Glorieuses ».

Les militantes souhaitent également conditionner l’accès aux marchés publics, l’obtention de subventions et de prêts garantis par l’Etat « au respect de l’égalité salariale ». Une manière de « s’assurer que le budget alloué par les fonds publics n’accentue pas les inégalités », pointent-elles.