Inde: Ultime jour de vote pour les élections géantes

Un vote en Inde — Ashwini Bhatia/AP/SIPA

L’Inde vote ce dimanche pour le dernier jour de ses gigantesques  élections législatives. Près de 120 millions d’électeurs, sur les 900 au total que compte la démocratie la plus peuplée du monde, sont appelés aux urnes pour la septième et dernière phase de ce plus grand scrutin de l’Histoire. En jeu au cours de cette journée, 59 sièges de députés sur 543, principalement situés dans le nord et l’est du pays notamment dans la circonscription du Premier ministre Modi.

En raison des dimensions géographiques et démographiques de l’Inde, géant d’Asie du Sud, les régions votent à tour de rôle depuis le 11 avril. Les derniers bureaux de vote fermeront à 18 heures locales, pour un comptage des voix jeudi 23 mai.

Une baisse du niveau politique

Des villages en haute altitude du Ladakh en passant par la poussiéreuse plaine du Gange ou les mégapoles polluées, la participation s’est établie à 66 % aux précédentes phases du scrutin, un niveau habituel pour ces élections, temps fort de la vie de la troisième économie d’Asie.

Au vu de la campagne électorale agressive qui tient en haleine la nation de 1,3 milliard d’habitants depuis des semaines, « le niveau de la politique indienne a gravement baissé », déclare Asit Banerjee, professeur d’histoire de Calcutta, en se rendant au bureau de vote. « Le combat de boue sans fin et les déclarations vitupératrices ont imprégné la campagne », estime-t-il.

Modi parviendra-t-il à faire le doublé ?

Le nationaliste hindou Narendra Modi brigue un deuxième mandat de cinq ans. Il a en face de lui une myriade de puissants partis régionaux décidés à le faire chuter, ainsi que l’historique parti du Congrès emmené par l’héritier Rahul Gandhi.

Natif du Gujarat (ouest) et vendeur de thé dans son enfance, le chef de gouvernement bénéficie d’une grande popularité due à ses origines modestes et à l’image d’homme fort qu’il cultive.

Une campagne axée sur lui-même

Les analystes doutent toutefois qu’il parvienne à réitérer son exploit de 2014 d’obtenir la majorité absolue avec son seul parti. Il pourrait devoir former une coalition pour se maintenir à son poste, ce qui constituerait un retour à la norme pour la politique indienne.

Sa formation, le Bharatiya Janata Party (BJP), a axé sa campagne sur la personne de Narendra Modi et la sécurité nationale, se présentant en rempart au Pakistan, plutôt que sur le développement de l’économie, programme qui l’avait propulsé au pouvoir il y a cinq ans.

Modi et Gandhi ont tous deux écumé l’Inde à un rythme effréné, échangeant des insultes à distance presque quotidiennement. Le nationaliste hindou a tenu au total 142 rassemblements au cours de la campagne, parfois même jusqu’à cinq par jour.

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