Incident au Stade de France : Cadot veut un système de détection des mouvements de foule

A seulement deux ans des Jeux olympiques de Paris, les incidents survenus au Stade de France lors de la finale de la Ligue des champions ne peuvent rester sans réponses. Le délégué interministériel aux grands événements sportifs et aux JO, Michel Cadot, a plaidé, jeudi au Sénat, pour l’adoption d’un système de détection des mouvements de foules.

Auditionné pendant deux heures par les commissions des Lois et de la Culture du Sénat sur le fiasco de la finale de la Ligue des champions au Stade de France fin mai, Michel Cadot a détaillé les points du rapport qu’il a remis à la Première ministre Elisabeth Borne vendredi dernier. « J’ai ma part de responsabilité dans cet échec », a assumé cet ancien préfet de région et préfet de police.

Comme il l’a écrit dans son rapport – et déjà réclamé – Michel Cadot estime qu’un système d’intelligence artificielle de détection des mouvements de foules serait « utile en vue des JO » et souhaiterait le voir intégré dans la future loi d’orientation et de programmation du ministère de l’Intérieur (Lopmi).

« Un défi considérable de logistique et d’organisation »

Ce système, « sans aucune technique de reconnaissance faciale », permettrait « d’identifier plus vite et en amont des situations d’engorgements progressifs » et « de réagir très vite », citant en particulier l’un des points névralgiques pour les JO de Paris, le centre de Paris entre la Concorde, le Trocadéro et les Invalides où se dérouleront de nombreuses épreuves.

Interrogé sur la faisabilité de la cérémonie inédite d’ouverture des JO en 2024, sur la Seine, qui suscite des craintes dans le milieu policier, Michel Cadot a expliqué : « Nous sommes capables de faire cela mais il faut un dispositif précisément planifié, que ce soit sur les risques proprement nautiques et sur les risques d’accès, de contrôles, de fluidité, de circulations, de nombre de points d’entrée pour éviter des engorgements », a-t-il dit, répétant qu’il s’agissait « objectivement d’un défi considérable de logistique et d’organisation ».

Des groupes de travail (mairie, préfecture de police, et préfecture Ile-de-France) doivent « restituer un point d’étape » en vue d’une « validation fin août début septembre » et le « faire approuver d’ici la fin de l’année 2022 », a-t-il dit. « Voyez ce qui s’est passé en Angleterre récemment sur le bord de la Tamise pour des jubilés et des cérémonies avec une foule extrêmement nombreuse », a-t-il ajouté pour signifier qu’un gigantesque rassemblement au bord d’un fleuve pouvait bien se passer.

Le travail est « en cours » concernant les vidéos supprimées

Interrogé à plusieurs reprises sur la destruction automatique des images de vidéosurveillance du Stade de France, il a expliqué que la décision de réquisition de ces images « relev (ait) du parquet ». Il a précisé qu’il fallait se tourner vers le consortium du Stade de France pour savoir si ces images auraient pu être « conservées » plus longtemps « tout en continuant à assurer le suivi quotidien ». « Je peux comprendre que le citoyen ait un petit peu de peine à considérer que c’est simplement une forme d’automaticité qui est intervenue dans cette affaire-là », a-t-il commenté. Les images des transports publics et de la préfecture de police ont-elles été conservées.

A la demande de plusieurs sénateurs d’entendre les « supporters », le président de la commission des lois, François-Noël Buffet, a précisé que c’était « en cours », de même que l’audition du maire de Saint-Denis Mathieu Hanotin. « Nous n’avons pas terminé notre travail », a-t-il dit, avant de se rendre jeudi après-midi avec une délégation au Stade de France pour voir installations du PC de sécurité, et faire « un point d’étape ».