Incendies en Bretagne : « Un tapis vert » se reconstitue dans les Monts d’Arrée

C’est une couleur que les Bretons appellent « glaz ». Un subtil mélange de vert, de gris et de bleu qui constitue, à certains moments de l’année, la couleur dominante des sauvages Monts d’Arrée. Depuis les dramatiques incendies qui ont frappé ses landes cet été, les sommets de Bretagne avaient revêtu un manteau beaucoup plus sombre alternant le noir et le gris. Un mois après les dernières reprises de feu, la végétation a pourtant repris vie, offrant des contrastes saisissants à tous les promeneurs qui s’y aventurent. « Le vert remplace les cendres qui ne sont plus la norme sur le site », constate Steven Tual, spécialiste de la météo qui officie sur Météo Bretagne.

Bien aidées par les pluies du mois d’août, les fougères ont rapidement refait surface au milieu des cendres. Au départ très rares, les touffes d’herbe sont désormais de plus en plus nombreuses à coloniser les terres calcinées. Ce constat tous les visiteurs l’ont fait. « Une grande partie de la végétation va se régénérer d’elle-même », assure le président du département du Finistère Maël de Calan.

Si 2.200 hectares de landes ont brûlé, les Monts d’Arrée ont eu « la chance » de subir un feu « courant » et non pas un feu couvant qui brûle les racines et anéantit la terre de surface. « La zone va se reverdir rapidement, on le voit déjà. Ce qui nous inquiète plus, c’est l’impact sur la microfaune qui n’a pas pu partir avant les feux », assure Amélie Caro, présidente du Parc naturel régional d’Armorique.

Les Monts d'Arrée ici photographiés en 2021, avant qu'ils ne soient défigurés par les incendies de l'été.
Les Monts d’Arrée ici photographiés en 2021, avant qu’ils ne soient défigurés par les incendies de l’été. – C. Allain / 20 Minutes

Les amphibiens et les lézards vont-ils revenir sur le site ? Les espèces comme la drosera (une plante carnivore) seront-elles en capacité de résister ? « On ne sait pas encore quelle capacité elles auront à se renaturer elle-même », concède la présidente du parc. En cas de besoin, une importante banque de graines répertoriant les espèces endémiques pourrait permettre d’accompagner la nature dans sa reconquête. « Nous savons qu’il faudra reboiser, replanter par endroits. Mais certains arbres, même calcinés, peuvent repartir », assure Jacques Brulard, membre du comité de pilotage.

Une inquiétante érosion de la montagne Saint-Michel

Sur ce point, les collectivités veulent se donner le temps d’observer la nature. Mais sur d’autres dossiers, le conseil départemental veut aller vite. Propriétaire d’une bonne partie des terres incendiées, la collectivité s’inquiète par exemple de l’érosion du mont Saint-Michel-de-Brasparts où trône une chapelle miraculée. « C’est très frappant quand on se rend sur place. Si on ne fait rien et que la végétation ne parvient pas à stabiliser le terrain, l’érosion va se poursuivre », prévient Maël de Calan.

Le président du département plaide pour l’installation de petits murets afin de consolider les lieux. Au cours de l’été, l’élu Les Républicains avait annoncé sa volonté de restaurer les Monts d’Arrée en un an. Lundi, il a réaffirmé cette volonté. « Personne ne veut voir la montage Saint-Michel détruite parce qu’on aurait été trop lents à intervenir ».