Incendie : Le Sénat propose 70 mesures pour lutter contre les feux de forêts

Quelques jours après les violents incendies qui ont ravagé des milliers d’hectares de forêt en Gironde et en Bretagne, le Sénat réagit. Dans un rapport publié ce mercredi, les conseillers de la République proposent 70 mesures censées éviter l’embrasement des forets. Bien que le réchauffement climatique soit la principale cause de ces incendies, les mesures du Sénat se concentrent plutôt sur des solutions à plus petite échelle.

Le rapport préconise entre autres de revenir sur les 500 suppressions de postes prévues d’ici à 2025 à l’Office national des forêts (ONF) et, au contraire, d’étendre le périmètre d’intervention de cette institution en souffrance qui gère les 11 millions d’hectares de forêts publiques françaises.

Faire appliquer le débroussaillage

Si la stratégie française de surveillance et d’intervention rapide a « fait ses preuves », en divisant par cinq les surfaces annuelles brûlées sur la période 2015-2020 par rapport aux années 1980, « la France doit toutefois se préparer à une évolution défavorable du risque, structurellement causée par le réchauffement climatique et l’augmentation de la biomasse forestière », note le rapport réalisé par six élus du centre et de la droite.

Rappelant la grande efficacité du débroussaillage pour prévenir les feux, réduire leur intensité et préserver les habitations, les sénateurs constatent que cette obligation légale, pour environ trois millions de propriétaires privés, est trop peu appliquée, « souvent moins de 30 % ». Pour y remédier, ils proposent plusieurs leviers : plan de sensibilisation, sanctions pénales renforcées, incitations fiscales ou augmentation de la franchise d’assurance en cas de non-respect.

Reboiser intelligemment

Le rapport préconise aussi de valoriser le rôle des activités pastorales et agricoles qui, en « créant des discontinuités de végétation, jouent le rôle de pare-feu ». Les élus déplorent l’insuffisance des moyens aériens et réclament une augmentation des fonds annuels alloués aux services départementaux d’incendie et de secours (SDIS).

Face à une gestion jugée insuffisante de la forêt privée, qui représente trois quarts de la forêt française, les sénateurs proposent « d’abaisser le seuil d’obligation » de gestion durable pour la forêt privée à 20 hectares, contre 25 à ce jour.

Enfin, après un incendie, les sénateurs souhaitent que l’aide de l’État pour reboiser soit conditionnée « à des choix d’essences et de gestion adaptés au risque incendie (par exemple en maintenant des pare-feux, en expérimentant des corridors de feuillus ou une moindre densité de peuplement) ».