Incendie en Gironde : A Saumos, « les pompiers ont arrêté le feu au mur des maisons »

Un feu qui a « galopé de manière très rapide » au cours de la nuit, et qui reste compliqué à maîtriser ce mardi. Selon un nouveau bilan communiqué par les autorités mardi midi, l’incendie qui s’est déclaré lundi après-midi à Saumos, près de Lacanau (Gironde) a parcouru quelque 1.800 hectares de forêt.

« C’est un incendie qui est compliqué à maîtriser car il est alimenté par des vents qui tourbillonnent : nous avons eu de grosses bourrasques à plus de 70 km/h, avec un vent sec qui a attisé le feu sur une végétation elle-même extrêmement sèche, même si la pluie de la nuit nous a beaucoup aidés », a expliqué Fabrice Thibier, le sous-préfet de Lesparre-Médoc, lors d’un point presse sur place ce mardi.

« Tous les ingrédients étaient réunis pour que ça parte »

« Tous les ingrédients étaient réunis pour que ça parte, poursuit le sous-préfet, et aujourd’hui la situation reste défavorable avec une météo compliquée, et à cause de la surface du feu et de la taille de sa lisière. C’est pourquoi même si le feu est par endroits contenu, il reste beaucoup de points à surveiller et il y a beaucoup de risques de reprise possible. »

Les secouristes expliquent que cela a été « un combat très rude ». « Les pompiers ont arrêté le feu au mur des maisons », insiste le Fabrice Thibier. Le bilan ce mardi midi, fait état d’un sapeur-pompier blessé à la main, quatre maisons partiellement ou totalement détruites, ainsi que quelques granges et quelques véhicules brûlés.

Renfort de pompiers d’autres départements

Plus de 500 habitants ont dû être évacués lundi soir, et quelques dizaines d’habitations supplémentaires au lieu-dit Le Beillon, en plus d’un centre équestre, l’ont été mardi matin. La plupart ont pu se réfugier chez de la famille ou des proches. « Ceux qui n’en avaient pas ont pu rejoindre des salles des fêtes aménagées, ainsi que le camping du Porge », précise le sous-préfet. « Il est pour l’instant hors de question pour les habitants de retourner chez eux, ajoute-t-il, mais ils vont pouvoir aller récupérer des médicaments si besoin. »

Plusieurs colonnes d’autres départements sont arrivées durant la nuit, venant du Sud-Est, du Grand Ouest et de l’ensemble de la Nouvelle-Aquitaine, ce qui porte le nombre de pompiers mobilisés à près de 700, appuyés par 200 véhicules et des moyens aériens : trois Canadair, deux Dash, un hélicoptère bombardier d’eau lourd et un léger.

Certainement une origine humaine

Les premiers éléments semblent indiquer qu’il y a eu trois départs de feu, lundi. « Même si c’est sûrement une origine humaine, il est beaucoup trop tôt pour parler de piste criminelle, prévient Fabrice Thibier. La chose qui peut interpeller, c’est que les trois départs de feu sont dans l’axe du vent, donc il s’agit certainement d’un seul départ de feu, avec des sautes. Des équipes spécialisées sont sur le terrain pour relever des indices et commencer à enquêter. Pour l’instant on est dans l’opérationnel et le traitement de l’incendie. »

La solidarité entre toutes les communes voisines s’est rapidement mise en place. « On regarde avec les communes pour organiser les repas des pompiers, les maires des différentes communes alentour se serrent les coudes et se mobilisent, la solidarité ne se dément pas, même s’il y a une certaine lassitude après les incendies de cet été », explique Stéphane Le Bot, vice-président du conseil départemental en charge de l’agriculture et des forêts.

La Gironde a été particulièrement marquée par les incendies de forêt, avec près de 30.000 hectares détruits au cours des mois de juillet et août.