Incendie de l’usine Lubrizol à Rouen : Les sénateurs frappés par la « souffrance » des salariés

L’entrée de l’usine Lubrizol de Rouen, le 24 octobre 2019. — Lou BENOIST / AFP

La « souffrance » des salariés, c’est ce qui a marqué la commission d’enquête du Sénat sur l’incendie de l’usine Lubrizol de Rouen. Les sénateurs ont entendu les délégués du personnel, ce jeudi, a déclaré le président de la commission d’enquête, Hervé Maurey, qui les a trouvés « très très meurtris ».

« On a eu une réunion extrêmement émouvante avec les délégués du personnel dont on a pu mesurer à quel point ils étaient touchés par l’événement et par les critiques, voire les attaques extérieures, qu’ils vivent au quotidien simplement parce qu’ils travaillent dans cette entreprise. C’était très très bouleversant », a ajouté Hervé Maurey.

Des salariés « victimes de violences verbales »

« Ce sont des salariés, qui ont la culture de la sécurité et ne s’expliquent pas la violence de cet incendie (…). Ils sont par ailleurs victimes de violences verbales et souffrent de la crainte de perdre leur emploi. Il y a une vraie souffrance qui nous a interpellés », a ajouté Christine Bonfanti-Dossat, sénatrice LR du Lot-et-Garonne.

Le 11 octobre, Francis Malandain, secrétaire CFTC du Comité social et économique (CSE) de Lubrizol avait indiqué que des salariés, des conjoints, des enfants de salariés Lubrizol dans les cours d’école se faisaient agresser, confirmant des informations de France 3 Normandie Rouen​. Interrogé sur le manque de confiance de la population dans les analyses « rassurantes » publiées par l’Etat, Hervé Maurey a estimé que « s’il y a un problème de communication, c’est sans doute de la part des ministres qui se sont relayés pour dire des choses contradictoires avec parfois ce qu’ils avaient eux-mêmes dit ».

Une « rupture d’alimentation en eau et en mousse » lors de l’intervention des pompiers

Questionnée sur d’éventuels dysfonctionnements le jour de l’incendie, la commission a juste évoqué la « rupture d’alimentation en eau et en mousse » à laquelle ont dû faire face les pompiers dans la nuit. Ce problème a été évoqué mercredi par le directeur du service départemental des services de secours (Sdis), Jean-Yves Lagalle, devant la mission d’information de l’Assemblée nationale.

« Il n’y a pas un Sdis en France qui soit en capacité seul de lutter contre de tels sinistres. On pourra renforcer les moyens d’un tel Sdis, il y aura toujours besoin de la solidarité interdépartementale », a complété le sénateur Pascal Martin (Mouvement radical). « Ce sont 25.000 litres d’eau à la minute, plus l’émulseur, qui ont fait que cet incendie a pu être éteint », a-t-il ajouté. Les pompiers ont puisé dans la Seine.

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