Incendie de Lubrizol à Rouen : Les inspections de sites classés vont être renforcées

Le 26 septembre, un énorme incendie se déclare sur les sites de Lubrizol et de Normandie Logistique à Rouen. — Philippe LOPEZ / AFP

La ministre de la Transition écologique Elisabeth Borne a présenté ce mardi le plan d’action du gouvernement en matière de prévention et de gestion des risques industriels. Un retour d’expérience qui intervient près de cinq mois après l’  ’incendie sur les sites de Lubrizol, usine clasée Seveso située à Rouen, où plusieurs milliers de tonnes de produits chimiques avaient brûlé et un panache de fumée noire de 70 kilomètres de long s’était formé.

La ministre a annoncé que les inspections annuelles de sites classés vont augmenter de 50 % d’ici 2022. Une augmentation des contrôles possibles grâce notamment à un allégement des tâches administratives que doivent effectuer les inspecteurs, au détriment du travail de terrain.

« Des contrôles ciblés sur les sites Seveso »

Selon les autorités, 18.000 inspections avaient été menées en 2018 sur les quelque 500.000 « installations classées pour la protection de l’environnement » (ICPE), dont quelque 1.300 sites Seveso présentant des risques majeurs. Un total qui a cependant baissé de 40 % ces dernières années.

En outre, « il y aura des contrôles ciblés sur les sites Seveso et nous élargissons le périmètre en prenant en compte tout l’environnement de ces sites », notamment afin d’éviter les « effets dominos », a-t-elle assuré.

Création d’un « bureau d’enquête accident indépendant »

La ministre a également annoncé la création d’un « bureau d’enquête accident indépendant » pour « tirer tous les enseignements des accidents industriels les plus importants ». Composé d’inspecteurs « connaissant bien » le secteur et donc « immédiatement opérationnel », « il ne pourra recevoir d’instructions de quiconque, y compris pour la transmission des résultats », a assuré la ministre lors d’une conférence de presse.

Le plan d’action prévoit aussi des mesures qui s’imposeront aux industriels. Le gouvernement veut ainsi que les sites Seveso dits « seuil haut », les plus dangereux, soient obligés de réaliser tous les ans un exercice de mise en œuvre de leur plan d’urgence en cas de sinistre, alors que les autres sites classés resteront sur un exercice tous les trois ans.

Plus vite, plus clair

Alors que la liste des produits présents sur les lieux de l’incendie à Rouen avait mis du temps à être publiée, « nous allons changer la réglementation et demander aux industriels de tenir à jour en permanence des fichiers avec la nature et la quantité de produits stockés sur leur site », promet également la ministre. En cas d’incendie, « les industriels devront nous fournir la liste des produits concernés dans des termes clairs, immédiatement », et avoir également établi une liste des polluants pouvant être dégagés en cas d’incident, dit-elle.

« Je pense que les industriels sont bien conscients qu’il s’agit d’un enjeu d’acceptabilité par les populations, » a souligné la ministre, pour qui « le gouvernement veut préserver l’industrie (en France) ce qui nous impose d’être suffisamment transparents ». Par ailleurs, un second train de mesures portant sur « la gestion de crise », et particulièrement l’information du public, sera présenté « avant l’été », a confirmé la ministre.

Santé

Incendie de Lubrizol à Rouen : Un pic d’hydrocarbures relevé dans le lait maternel de femmes enceintes

Planète

Incendie de Lubrizol à Rouen : Le scénario précisément décrit dans un rapport d’experts rendu trois jours avant le sinistre

0 partage