Incendie de la cathédrale de Nantes : Pierres abîmées, orgue détruit… Comment va se dérouler la reconstruction ?

La cathédrale Saint-Pierre à Nantes — S. Salom Gomis/ AFP

  • Samedi matin, un incendie a causé de gros dégâts dans la cathédrale Saint-Pierre, en centre-ville de Nantes.
  • Les travaux de restauration, dont la reconstruction du grand orgue, pourraient durer plusieurs années.

La vive émotion va petit à petit laisser place à la perspective d’une reconstruction. Deux jours après l’incendie qui a causé de gros dégâts dans la cathédrale Saint-Pierre et Saint-Paul en centre-ville de  Nantes, et alors que l’enquête est toujours en cours, de nombreuses questions se posent quant à la restauration de cet édifice religieux. Alors que l’Etat (qui en est le propriétaire) a assuré, ce lundi matin, qu’il prendrait en charge les coûts, l’opération, qui s’annonce complexe, pourrait prendre plusieurs années.

Quels sont les dégâts ?

La première étape, qui a commencé dès samedi midi, c’est la réalisation d’un état des lieux. Si aucune victime n’est à déplorer, l’édifice de style gothique flamboyant a subi de nombreux dommages : le grand orgue, foyer principal de l’incendie, a été entièrement détruit et la tribune sur laquelle il trônait majestueusement a été dégradée. Le tableau d’Hippolyte Flandrin, Saint Clair guérissant les aveugles, est quant à lui définitivement perdu. L’incendie a aussi calciné une partie des stalles du chœur et les vitraux de la grande verrière, dont quelques morceaux ont été ramassés.

Ce week-end, plusieurs objets de la crypte ont été évacués et mis à l’abri dans les réserves du château des Ducs. Certains tableaux doivent encore être examinés, pour savoir si l’eau ou la suie ont pu les détériorer. « Un constat d’état doit également être fait autour du tombeau de François II et de Marguerite de Foix, qui semble heureusement n’avoir été que peu touché, indique Philippe Charron, responsable du pôle patrimoine, architecture et espaces protégés à la direction régionale des affaires culturelles (Drac). L’orgue de chœur a lui aussi souffert, mais il n’est pas perdu. »

L’édifice en lui-même est-il fragilisé ?

« Il n’y a pas d’inquiétude pour la structure même si des chutes de pierre ne sont pas à exclure, poursuit Philippe Charron. La dentelle de pierre, autour de la verrière, a énormément souffert. » Un périmètre de sécurité va donc rester en place sur le parvis de la cathédrale, avant qu’un grand échafaudage ne soit dressé devant la façade. Une clôture doit être rapidement installée afin d’éviter tout risque d’intrusion.

« L’étape qui va commencer sera une phase de consolidation et de nettoyage, indique Philippe Charron. Il faudra ensuite faire une analyse très fine quasiment pierre par pierre, avec le concours d’experts, afin d’identifier celles que l’on devra remplacer. On sait déjà que certaines ont été abîmées sur 15 cm. »

Que faire pour remplacer l’orgue ?

La reconstruction de l’orgue, décrit comme « l’âme de la cathédrale », est une priorité. « C’est une perte inestimable, juge Emmanuel Serrand, délégué de Loire-Atlantique à la fondation du patrimoine. Il faut savoir que l’instrument avait un caractère musical unique grâce à ses deux importantes rénovations en 1784 et 1970. Son histoire est intimement liée à celle de la cathédrale puisqu’il avait survécu à la Révolution, aux bombardements de 1944 et à l’incendie de 1972. »

Le grand orgue entièrement détruit

La fondation du patrimoine a d’ailleurs lancé un appel aux dons en partenariat avec le ministère de la Culture pour la restauration de l’instrument, qui avait atteint plus de 30.000 euros ce lundi après-midi. « Nous n’avons pas encore d’idée du montant nécessaire pour le reconstruire, poursuit Emmanuel Serrand. Mais ce chiffre pourrait s’élever à plusieurs millions d’euros, quand on sait que la seule restauration du grand orgue du Mans, en 2016, avait coûté 900.000 euros. » La Drac indique qu’il est encore trop tôt pour savoir si l’orgue sera reconstruit à l’identique, ou non. Une concertation sera organisée.

Combien de temps l’édifice pourrait-il rester fermer ?

Difficile à dire même si le diocèse confie à 20 Minutes qu’une fermeture de « plusieurs années » serait déjà envisagée. « C’est en effet l’unité de mesure, confirme Philippe Charron. Les services de l’Etat sont pleinement mobilisés mais il faut savoir qu’il existe des délais scientifiques et techniques qui seront incompressibles. Il faut d’abord nous laisser le temps de mesurer à la loupe l’étendue exacte des désordres. »

Un calendrier plus précis pourrait être connu d’ici à un mois. Une réouverture au public pourrait cependant être décidée une fois que la restauration de l’édifice le permettra, et ce même si le nouvel orgue n’est pas encore livré.

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