Incendie à Notre-Dame de Paris: Les églises parisiennes sont-elles mal entretenues?

Une église en France (illustration). — GUILLAUME SOUVANT / AFP

« Il y a quand même une colère, de se dire qu’il faut un incendie pour qu’on s’occupe du patrimoine religieux. Les églises de Paris sont en mauvais état. Il y a un problème budgétaire et un problème d’entretien des églises », s’exclame Isabelle de Gaulmyn, rédactrice en chef de La Croix, dans l’émission  C dans l’air. Un discours qui se diffuse depuis l’incendie qui a partiellement détruit la cathédrale Notre-Dame de Paris, lundi soir.

Dans un entretien a à France Info, Pierre Vivarès, curé de la paroisse Saint-Paul Saint-Louis du Marais, déplore également un manque de moyens. « Les églises parisiennes qui dépendent de la ville de Paris ne sont pas en bon état. Des travaux sont faits mais il faut à chaque fois attendre qu’une pierre tombe dans la rue pour commencer les travaux ». Dans Le Parisien, l’historien Odon Vallet évoque de son côté les fissures de l’église Saint-Anne de la Butte-aux-Cailles (13e) ou de Saint-Germain de Charonne (20e). Que répond-on du côté de la ville et du diocèse ?

« Un plan d’investissement de 110 millions d’euros »

Dans un communiqué, le diocèse de Paris et la Ville de Paris disent « regretter les polémiques, dans le contexte de l’incendie survenu à la cathédrale Notre-Dame, critiquant l’entretien des églises parisiennes ». Le diocèse de Paris et la Ville de Paris rappellent ainsi « leur profond attachement aux églises parisiennes, qui font l’objet d’une importante mobilisation conjointe ».

« Pour rénover et valoriser ce patrimoine exceptionnel, Anne Hidalgo a co-construit avec les représentants des cultes, et notamment le Diocèse et les paroisses de Paris, un plan d’investissement de 110 millions d’euros, dont 80 millions d’euros financés par la Ville de Paris. Il témoigne d’une approche nouvelle, où les édifices cultuels sont non seulement considérés pour leur intérêt historique, mais aussi comme des lieux de vie », indique-t-on du côté de la ville à 20 Minutes. Ce plan est complété par plusieurs millions d’euros de donations privées, mobilisées notamment grâce à la Fondation Avenir du Patrimoine à Paris créée à l’initiative du diocèse », rappellent-ils.

« Il manque de moyens humains aussi »

Pierre Vivarès, déplore également un manque de personnel et des réactions à chaud. « J’aime beaucoup Notre-Dame de Paris et il faut la reconstruire. Il faut dépasser l’émotion et entrer dans une gestion beaucoup plus longue et sérieuse. Il manque des moyens humains aussi. Le diocèse de Paris a créé une fondation pour récolter des fonds de mécénat pour entretenir les églises parisiennes », affirme-t-il à France Info. 

Et de préciser : « Ce sont des mécènes privés qui payent les réparations. Mais pour que les travaux aient lieu, il faut que la mairie embauche du personnel. C’est eux qui restent maîtres d’œuvre et d’ouvrage. On a plus d’argent que de capacité de travaux, c’est quand même paradoxal ».

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