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Incendie à Crans-Montana : victimes, déflagration et enquête en cours.

Un incendie a ravagé le bar Le Constellation à Crans-Montana, dans le canton suisse du Valais, vers 01h30 du matin du 31 décembre, faisant entre 40 morts et environ 115 blessés, « la plupart grièvement », selon le chef de la police cantonale. Une enquête judiciaire a été ouverte pour déterminer les causes de l’incendie, les autorités excluant à ce stade la piste de l’attentat.


Dans la nuit du 31 décembre, un incendie a ravagé le bar Le Constellation à Crans-Montana, situé dans le canton suisse du Valais. Le feu s’est déclenché aux alentours de 01h30, alors que l’établissement était rempli de clients venus fêter le Nouvel An, comprenant de nombreux jeunes et touristes. Implantée dans l’une des stations de ski les plus prestigieuses de Suisse, la discothèque a été le théâtre de scènes de panique, des clients tentant d’échapper à la fumée et aux flammes. Ce bar appartient depuis 2015 à un couple de Français originaires de Corse, tous deux indemnes. 20 Minutes dresse un bilan de cette tragédie.

Un bilan humain particulièrement lourd

Le bilan humain est particulièrement lourd. Les autorités valaisannes ont confirmé la mort d’une quarantaine de personnes et signalent environ 115 blessés, « la plupart grièvement », selon le chef de la police cantonale, Frédéric Gisler. Côté français, au moins deux ressortissants sont parmi les blessés, d’après le ministère des Affaires étrangères. Face à l’ampleur de la catastrophe, le principal hôpital du Valais a rapidement été saturé, entraînant le transfert de nombreux blessés vers des établissements à Lausanne, Genève, Zurich et même en France.

Les opérations d’identification des victimes s’annoncent longues et complexes. La procureure générale du canton, Béatrice Pilloud, a déclaré que d’importants moyens étaient mobilisés « pour identifier les victimes et restituer leurs corps aux familles le plus rapidement possible », tout en indiquant que ce processus prendra du temps. Les autorités craignent également des victimes parmi les ressortissants étrangers, Crans-Montana accueillant une clientèle internationale.

Une onde de choc en Suisse et à l’international

Le drame a suscité une vive émotion au plus haut niveau de l’État suisse. Le président de la Confédération, Guy Parmelin, a qualifié cet événement de « drame d’une ampleur inédite, effroyable », estimant que « l’incendie qui s’est produit la nuit dernière dans un bar de Crans-Montana constitue l’une des pires tragédies que notre pays ait connues ». Un dispositif d’accueil a été mis en place pour les proches des victimes, où l’angoisse est palpable. Le diocèse de Sion, dirigé par Mgr Jean-Marie Lovey, a exprimé sa « stupeur » et sa « compassion » après ce drame, adressant ses pensées et ses prières aux victimes et à leurs proches. Une messe réunissant environ 400 personnes a également été organisée.

La catastrophe a également entraîné une mobilisation internationale. La Commission européenne a déclaré être « en contact » avec les autorités suisses pour fournir une « aide médicale ». Sa présidente, Ursula von der Leyen, a fait part de sa « profonde tristesse » et a envoyé ses pensées « aux victimes, à leurs familles et à toutes les personnes touchées ». La Suisse a activé le mécanisme de protection civile de l’Union européenne pour renforcer sa capacité de réponse. Emmanuel Macron a exprimé sa « profonde émotion » et a précisé que « la France accueille des blessés dans ses hôpitaux et se tient disponible pour toute aide ». Des blessés ont été transférés hors du canton face à l’afflux massif de victimes.

Une enquête ouverte pour établir les causes du drame

Une enquête judiciaire a été ouverte pour déterminer les causes précises de l’incendie. Les autorités valaisannes excluent pour l’instant la piste de l’attentat. Le conseiller d’État en charge de la sécurité, Stéphane Ganzer, a confirmé qu’une déflagration avait été constatée, tout en précisant qu’elle était consécutive à l’embrasement des lieux.

Plusieurs témoignages orientent néanmoins les investigations. Des clients ont relaté qu’un feu s’était déclenché brutalement lors d’un « show » impliquant des bouteilles de champagne avec des bougies étincelles. « Elles ont été trop, trop près du plafond, et bien ça a pris feu d’un coup », a raconté Axel, présent dans le bar au moment du drame. Les enquêteurs devront désormais établir si ces pratiques, décrites comme habituelles dans l’établissement, sont bien à l’origine de l’une des pires catastrophes civiles qu’ait connues la Suisse ces dernières décennies.