Incendie à Crans-Montana : plainte en Suisse contre Charlie Hebdo
Une action judiciaire a été engagée en Suisse contre le journal satirique Charlie Hebdo après la publication, le 9 janvier, d’un dessin en lien avec l’incendie meurtrier survenu dans la station de Crans-Montana. Les plaignants estiment que la caricature « met en scène graphiquement les victimes elles-mêmes, utilisées comme le ressort central d’un message satirique qui confine à l’abjection » et demandent l’ouverture d’une instruction pénale en Suisse.
Une action judiciaire a été intentée en Suisse contre le journal satirique Charlie Hebdo suite à la publication, le 9 janvier, d’un dessin lié à l’incendie meurtrier survenu à Crans-Montana. La plainte a été déposée auprès du ministère public du canton du Valais par un avocat suisse, qui considère que la caricature dépasse les limites admissibles de la satire selon le droit helvétique.
Le dessin parodie explicitement le film *Les Bronzés font du ski*. Il représente deux skieurs à la peau noircie, recouverts de bandages, dévalant une piste portant la mention « Crans-Montana », accompagnée des phrases « Les brûlés font du ski » et « La comédie de l’année ». Sa publication a coïncidé avec le jour de deuil national décrété en Suisse après l’incendie d’un bar survenu lors de la nuit du Nouvel An, ayant fait 40 morts et 116 blessés, principalement des adolescents et des jeunes adultes.
### Atteinte à la dignité humaine des victimes
À l’origine de la plainte, Me Stéphane Riand et son épouse Béatrice se présentent comme ayant une démarche citoyenne. « C’est une démarche citoyenne », a déclaré l’avocat à l’AFP, jugeant que le dessin constitue « une représentation de la violence qui porte atteinte à la dignité humaine des victimes ». Il mentionne que, dans certains cas stipulés par la loi suisse, la liberté d’expression « peut céder le pas ».
La procédure vise la direction de Charlie Hebdo ainsi que le dessinateur Eric Salch. Dans la plainte, les plaignants affirment que la caricature « met en scène graphiquement les victimes elles-mêmes, utilisées comme le ressort central d’un message satirique qui confine à l’abjection » et dénoncent une « déshumanisation graphique » incompatible, selon eux, avec le respect dû à la dignité humaine. Ils demandent l’ouverture d’une instruction pénale en Suisse. Contacté par l’AFP, le journal n’a pas souhaité faire de commentaire.

