Impeachment de Donald Trump : Seconde mise en accusation historique pour le président américain, qui sera jugé au Sénat

Après le vote sur l’impeachment de Donald Trump, Nancy Pelosi a signé l’acte d’accusation contre le président américain le 13 janvier 2021. — Alex Brandon/AP/SIPA

De notre correspondant aux Etats-Unis,

Jamais un impeachment n’avait été voté à deux reprises contre un même président américain. Mis en accusation par la Chambre, mercredi, pour « incitation à l’insurrection », Donald Trump devrait être prochainement jugé par le Sénat. Selon toute vraisemblance, son procès aura lieu après la prise de fonctions de Joe Biden le 20 janvier. Et l’avenir de Donald Trump – qui pourrait être déclaré inéligible en cas de condamnation – dépendra en grande partie de la position du leader des républicains Mitch McConnell.

Une semaine après les émeutes du Capitole, le président américain a été mis en accusation pour « incitation à l’insurrection » par 232 voix contre 197. Au total, dix républicains, dont Liz Cheney, la fille de l’ancien vice-président Dick Cheney, ont voté avec les démocrates – un record pour un impeachment. « Personne n’est au-dessus des lois, pas même le président des Etats-Unis », a lancé Nancy Pelosi, la cheffe des démocrates à la Chambre, après avoir officiellement signé l’acte d’accusation. Selon elle, Donald Trump, qui est accusé par les démocrates d’avoir incité ses partisans à attaquer le Capitole où les élus étaient en train de voter pour valider les résultats de l’élection présidentielle, le 6 janvier dernier, représente « un danger pour la démocratie ».

Un procès après son départ

Désormais, tous les yeux sont braqués sur le Sénat. Alors que les élus sont en vacances parlementaires, Mitch McConnell a écarté de les rappeler pour juger Donald Trump cette semaine. Selon lui, il n’y a de toute façon pas assez de temps pour mener un procès avant le 20 janvier : l’an dernier, le procès de Donald Trump pour « abus de pouvoir », dans le feuilleton ukrainien, avait duré trois semaines.

Joe Biden a réagi mercredi soir. Le président-élu des Etats-Unis estime que « l’attaque planifiée et coordonnée a été menée par des terroristes domestiques incités à la violence par Donald Trump ». Alors que des républicains l’ont appelé à unifier le pays en s’opposant à un procès, Biden s’y est déclaré favorable. Selon lui, « le processus continue au Sénat ».

Donald Trump devrait donc être jugé après son départ de la Maison Blanche. Certains experts assurent que c’est anticonstitutionnel car il sera de retour à la vie civile. Mais la plupart des juristes estiment que même en cas de recours de l’ex-président, le chef de la Cour suprême, qui préside les débats au Sénat, devrait botter en touche et laisser ce processus politique entre les mains des élus. Car l’enjeu n’est pas tant une éventuelle destitution qu’une inéligibilité, qui peut être décrétée par un second vote.

McConnell indécis

Pour les démocrates, le défi est immense. Une destitution («removal from office ») doit être votée à la majorité des deux tiers, soit 67 sénateurs sur 100. Avec l’arrivée des deux démocrates fraîchement élus en Géorgie, Chuck Schumer peut compter sur 50 voix – à condition que le centriste Joe Manchin ne se rebelle pas. Pour être destitué, il faudrait donc que Donald Trump soit lâché par 17 sénateurs républicains, soit exactement un tiers.

Sur le papier, cinq « Never Trumper » pourraient logiquement se rebeller : Mitt Romney, Lisa Murkowski, Susan Collins, Pat Toomey et Ben Sasse, qui ont tous critiqué les actions de Donald Trump. Mais pour arriver à 17, il faudrait forcément le soutien du patron des républicains. Et pour l’instant, Mitch McConnell est indécis. Selon les médias américains, l’habile tacticien estime que Donald Trump a coûté la victoire aux deux candidats républicains en Géorgie. Et le sénateur du Kentucky a eu des paroles très fermes contre la fronde de certains dans son camp contre les résultats de l’élection.

Mercredi, McConnell a envoyé un email à ses troupes, indiquant qu’il n’avait pas encore pris de décision et attendrait d’avoir entendu les arguments lors du procès au Sénat. En cas de destitution, un second vote, celui-là à la majorité simple, pourrait dans la foulée rendre Donald Trump inéligible. Ce qui ne serait pas pour déplaire à tous les prétendants à la prochaine investiture républicaine. La campagne de 2024 a déjà commencé.

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