France

Immobilier : Près d’une agence sur deux ne lutte pas contre la discrimination raciale

Près d’une agence immobilière sur deux (96, soit 48,48 %) ont accepté soit de discriminer soit d’être complices de discrimination selon un testing réalisé par SOS Racisme en 2025. Au total, 102 agences (soit 51,52 %) ont refusé de discriminer et ont clairement affirmé leur opposition à toute sélection fondée sur l’origine.


Près de la moitié des agences immobilières acceptent ou facilitent la discrimination raciale dans l’accès au logement, selon un testing publié dimanche par SOS Racisme. Pour Aurore Bergé, ministre déléguée à la Lutte contre les discriminations, ces résultats attestent que « le chemin est encore long ». Elle a annoncé l’instauration d’une formation obligatoire pour les agents immobiliers.

Dans le cadre de cette campagne de testing réalisée en 2025, SOS Racisme a contacté 198 agences immobilières affiliées à de grandes enseignes et à la Fédération nationale de l’immobilier (Fnaim). Ses membres ont prétendu être des propriétaires cherchant à louer leur bien, en demandant uniquement des profils « européens » pour éviter d’éventuels « problèmes de voisinage ».

Sur les 198 agences, près de la moitié (96, soit 48,48 %) ont soit discriminer en sélectionnant elles-mêmes les locataires sur un critère racial (48 agences, soit 24,24 %), soit été complices de cette discrimination (48 agences, qui ont permis ou encouragé cette sélection par le propriétaire), d’après le rapport consulté par l’AFP et révélé par Le Parisien.

En revanche, 102 agences (soit 51,52 %) ont refusé de discriminer et ont affirmé leur opposition à toute sélection basée sur l’origine. Cette étude « met en évidence une inquiétante permanence de pratiques discriminatoires pourtant prohibées par le droit pénal », a dénoncé l’association dans un communiqué.

Interrogée par Le Parisien, Aurore Bergé a souligné que « la discrimination est illégale » et a estimé que « le rapport de SOS Racisme montre que le chemin est encore long ». Elle a fait part de son intention d’instaurer une formation obligatoire sur les discriminations pour tous les agents immobiliers. À l’heure actuelle, la formation est seulement obligatoire pour les détenteurs d’une carte professionnelle, soit moins de la moitié des agents. Un décret sera signé « dans les toutes prochaines semaines, avec le ministre du Logement (Vincent Jeanbrun) », a-t-elle précisé. Selon elle, la « formation continue facultative actuelle est insuffisante, car seuls ceux qui sont déjà convaincus s’en emparent ».

Le président de la Fnaim, Loïc Cantin, a réagi en affirmant que l’enquête « ne fait que confirmer des tendances déjà constatées, que la Fnaim a condamnées ». Il a qualifié ce phénomène de « véritable fléau » et a ajouté : « Pour avoir une profession qui soit au niveau de ses obligations, il faut à la fois une formation et de la sanction. »

Ce test constitue la troisième campagne de SOS Racisme sur ce sujet, après des enquêtes menées en 2019 et 2022. Comparé à 2022, la situation n’a pas évolué : sur 136 agences à l’époque, 51,5 % refusaient toute discrimination, tandis que 48,5 % acceptaient ou facilitaient des demandes discriminatoires (avec 25 % d’acceptation directe et 23,5 % de complicité).

Dans une lettre adressée dimanche aux députés, Dominique Sopo, président de SOS Racisme, les exhorte à « parler haut et fort » contre les discriminations et à « agir contre les ruptures d’égalité ».