Images d’exactions de Daesh : Marine Le Pen et Gilbert Collard relaxés

Le tribunal de Nanterre a relaxé mardi Marine Le Pen et Gilbert Collard qui étaient poursuivis pour avoir diffusé en 2015 des photos d’exactions du groupe Etat islamique. — Jacques Witt/SIPA

Marine Le Pen et Gilbert Collard qui étaient poursuivis pour avoir diffusé 2015 sur Twitter des photos d’exactions de Daesh ont été relaxés par le tribunal de Nanterre. La 14e chambre correctionnelle a expliqué son jugement par le respect de la liberté d’expression des deux élus du Rassemblement national.

Le tribunal a par ailleurs reconnu « une vocation informative » dans la diffusion de ces images, laquelle « s’inscrit dans une démarche de protestation politique ». La diffusion « contribue au débat public » dès lors qu’elle ne « banalise pas » la violence.

« Daesh, c’est ça ! »

La présidente du RN et l’eurodéputé étaient poursuivis pour diffusion de messages violents ou portant gravement atteinte à la dignité humaine, susceptibles d’être vus par un mineur. Dans une France traumatisée par les attentats, Marine Le Pen avait relayé quelques semaines après les attentats de novembre 2015, trois photos d’exactions de Daesh. Elle y avait ajouté les mots : « Daesh, c’est ça ! », en réponse au journaliste Jean-Jacques Bourdin qu’elle accusait d’avoir « comparé » le groupe EI et le Front national lors d’une émission.

Gilbert Collard, alors député du Gard, avait relayé le même jour sur ses comptes Facebook et Twitter la photo d’un homme gisant au sol, le crâne défoncé, avec ce commentaire : « Bourdin compare le FN à Daesh : le poids des mots et le choc des bobos ! ». Le parquet avait requis 5.000 euros d’amende contre Mme Le Pen et Gilbert Collard.

« Aucun caractère prosélyte »

Mardi, le tribunal a considéré que la diffusion de ces images constituait une réponse « cohérente » de Mme Le Pen à « une attaque polémique ». Par ailleurs, le tribunal a jugé que la diffusion ne revêtait « aucun caractère prosélyte dès lors que les images étaient accompagnées des commentaires » rédigés par les élus qui n’ont ainsi pas « banalisé » ou « présenté sous un jour favorable la violence ».

Le tribunal a donc relaxé les deux prévenus, à la grande satisfaction de leurs avocats, présents au délibéré. « C’est une grande victoire pour le droit car était en jeu dans ce dossier la liberté d’expression, cette liberté d’expression a été reconnue comme totale pour un responsable politique de premier rang », a déclaré à la presse Rodolphe Bosselut, conseil de Marine Le Pen.

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