« Ils parlent et les adultes ne les entendent pas… » Yaël Braun-Pivet réclame un « MeToo de l’enfance »

Dans un entretien accordé au JDD ce dimanche à l’occasion de la journée internationale des droits de l’enfant, la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, estime que la parole des enfants n’est pas assez écoutée. « Ils parlent et les adultes ne les entendent pas. Ils ressentent trop de passivité face à des situations qui nécessiteraient des réactions fortes des adultes, face à des violences ou du harcèlement. Trop d’histoires arrivent dans les tribunaux car on a laissé la situation se dégrader en dépit d’alertes. »

La responsable LREM, qui a lancé en septembre une délégation des droits de l’enfant au sein de l’Assemblée, considère qu’il « faudrait un MeToo de l’enfance ». « Les chiffres des violences dont les enfants sont victimes, sont effrayants. […] Ils ne savent pas forcément que les faits dont ils sont victimes ne constituent pas la norme et sont interdits par la loi. Il y a des progrès à faire dans les établissements scolaires. »

Elle insiste, concernant les violences sexuelles : « Pour révéler l’inceste, il faut déjà que l’enfant ait conscience que l’adulte a franchi la limite et sorte du conflit de loyauté. Cela peur prendre beaucoup de temps ».

« Il ne suffit pas de voter des lois »

Si Yaël Braun-Pivet considère que les récentes lois sur les violences éducatives ordinaires, sur le harcèlement ou sur le consentement ont permis de mieux protéger les enfants, il faut désormais « s’assurer de leur mise en œuvre » avec un « engagement de la société entière ». « Il ne suffit pas de voter les lois pour régler les problèmes », ajoute-t-elle.

La présidente de l’Assemblée nationale, par ailleurs mère de cinq enfants, confie que ce sujet résonne personnellement en elle. « Ma mère a été une enfant battue par son beau-père, raconte-t-elle au JDD. Lorsqu’elle se sauvait pour trouver du secours au commissariat, les policiers la reconduisaient systématiquement à la maison. […] Cette histoire m’a forgé en tant que femme et femme politique. »