Il court 100 marathons en cent jours et fait subir à son corps « ce qu’on inflige à la planète »

Lundi marathon, mardi marathon, mercredi marathon… Toute la semaine marathon ! Voilà le programme de Nicolas Vandenesken depuis le 3 septembre. Ce Nordiste de naissance âgé 30 ans s’est lancé dans un nouveau défi assez fou, toujours dans le but de sensibiliser sur le dérèglement climatique.

Fini le « GreeNicoTour » en 2021 où il avait couru 4.600 km en 127 jours, souvent en ramassant des déchets en même temps. « Cette fois, je voulais que le message soit plus clair alors j’ai décidé faire 100 marathons en cent jours pour le climat. Sans aucun jour de repos », lance-t-il quelques minutes après son arrivée à Sélestat, en Alsace.

Après 13 premières courses de 42,2 km en 4h30 environ, le sportif ne semble même pas fatigué. Il boit tranquillement un petit chocolat chaud et mange un sandwich végétarien (son régime) avant d’aller intervenir devant une classe de collégiens. « Du lundi au vendredi, j’essaie de délivrer des messages aux jeunes car ce sont les héros de demain et je sais qu’ils vont ensuite interpeller leurs parents. Et le week-end, je vais voir les villes ou je me rends sur des événements », détaille le salarié de l’association Uni-Vert Sport.

A chaque fois, il explique sa démarche et déploie son matériel, « une grande fresque sur le climat ». « Je veux dire aux gens de se bouger concrètement, comme moi je le fais », insiste l’aventurier, qui voyage rarement seul. D’abord car il encourage toute personne à l’accompagner dans l’effort, « ça permet de discuter. Moi j’adore parler en courant, c’est mon bureau ». Ensuite car il faut aussi que son matériel suive… Alors chaque jour, un ou plusieurs volontaires pédalent sur le vélo cargo à côté de lui. « Il y a quelques étapes où on n’a personne, il va falloir qu’on trouve », s’amuse Nicolas Vandenesken, pas inquiet.

Cet ancien employé d’une grosse entreprise « dans l’événementiel sportif » le revendique, il est « toujours ultra-positif ». Les douleurs ? Les petits bobos ? Il doit bien en avoir quelques-uns après tant de kilomètres. « J’ai la chance d’avoir un corps qui encaisse bien les chocs, balaye-t-il. J’ai besoin de très peu de récup avant de repartir. Je mange beaucoup et bien, je dors bien, et ça va. Mon corps s’habitue à l’effort. Aujourd’hui, je me sens même mieux qu’au départ. »

« Peut-être que je le paierai dans cinq ou dix ans »

Le natif de Vieux-Condé est bien dans ses baskets, qu’il va changer « cinq fois pour les 4.200 km », et dans sa tête. Ce converti aux enjeux climatiques depuis fin 2019 après un séjour en Nouvelle-Zélande est convaincu du bien-fondé de sa démarche. « Ce voyage m’a ouvert les yeux », rembobine le trentenaire. « Déjà, j’avais explosé mon empreinte carbone avec l’avion que je ne prendrai plus. Et j’ai beaucoup réfléchi. J’adorais mon métier mais avec tous les déplacements, c’était hyperpolluant. »

Bien loin de ce qu’il promeut aujourd’hui, même si ça lui coûte physiquement. « Peut-être que je le paierai dans cinq ou dix ans, je le sais. Je préfère agir. Je fais subir à mon corps ce qu’on inflige à la planète. »