Hongrie : Jour de vote en Hongrie, l’ultra-conservateur Viktor Orban en quête d’un quatrième mandat

Après une campagne bouleversée la guerre en Ukraine, le  souverainiste Viktor Orban joue sa survie politique lors des législatives dimanche en Hongrie, après 12 ans de réformes « illibérales ». Accusé par Bruxelles de multiples atteintes à l’Etat de droit, il a muselé au cours de ses trois mandats consécutifs justice et médias, tout en prônant une  vision ultra-conservatrice de la société.

Face à lui, une alliance inédite et disparate de six partis, décidée à renverser « l’autoritaire » dirigeant de 58 ans. Viktor « Orban est devenu une honte nationale dans le monde : faisons en sorte de laver cette honte du nom de la Hongrie », a lancé son adversaire Peter Marki-Zay, 49 ans, lors d’un ultime rassemblement samedi à Budapest. Dans les rues, des passants confiaient leur espoir d’un changement d’ère. « Douze ans, c’est trop long quel que soit le dirigeant, c’est de la folie ! », confiait Laszlo Takacs, un technicien de 62 ans.

« Tout peut arriver »

Mais ce n’est pas dans la capitale, où une victoire de l’opposition semble acquise, que se déterminera l’élection. La clé se trouve dans 20 à 30 circonscriptions indécises, sur les 199 sièges du Parlement. La dernière enquête de Publicus donne les deux camps au coude-à-coude, quand d’autres confèrent un léger avantage au Fidesz, le parti au pouvoir. Mais du fait du système électoral, il faudrait que l’opposition « gagne de 3 à 4 points » pour décrocher une majorité au Parlement, rappelle-t-il. « Il est très difficile de prévoir l’issue du scrutin. Tout peut arriver », estime l’expert.

Conscient de l’enjeu, Viktor Orban a exhorté vendredi les électeurs à se déplacer massivement aux urnes, et à ne pas répéter l’erreur de 2002 : alors Premier ministre sortant, il avait perdu bien que favori.

Interdiction d’évoquer l’homosexualité avec les moins de 18 ans

Outre l’élection de leurs députés, les Hongrois sont appelés à répondre à quatre questions en lien avec la récente loi anti-LGBT +, interdisant d’évoquer auprès des moins de 18 ans « le changement de sexe et l’homosexualité ». « Les mères sont des femmes, les pères sont des hommes, laissons nos enfants tranquilles et protégeons nos familles », aime répéter Viktor Orban.

Le vote se termine à 19H. Mais les résultats ne pourraient tomber qu’à minuit, a précisé samedi le porte-parole du gouvernement, alors qu’une importante mobilisation est attendue, au-delà de 70 %.