Hommage à Paris aux humanitaires d’Acted assassinés au Niger l’an dernier

« Ils sont morts pour l’humanité et nous ne les oublierons jamais » : un hommage a été rendu lundi à Paris aux six humanitaires français des ONG Acted et Impact assassinés il y a un an au Niger avec leur guide et leur chauffeur nigériens.

« Jamais nous ne connaîtrons la souffrance des familles mais sachez que le poids de la responsabilité, la culpabilité ne nous quittent pas », a témoigné le cofondateur d’Acted, Frédéric Roussel, confiant que le 9 août 2020 « restera le jour le plus terrible de (sa) vie ».

« Nous allons continuer notre travail, ce sera notre vengeance »

Ce jour-là, des hommes armés circulant à moto ont exécuté deux hommes et quatre femmes âgés de 25 à 31 ans qui travaillaient pour Acted et Impact, avec leur guide et leur chauffeur nigériens, alors qu’ils visitaient la réserve de girafes de Kouré, à 60 km de la capitale Niamey où ils étaient basés.

Leurs portraits, souriants, étaient disposés sur une table recouverte de tissus africains avec des bougies et des petits pots de sable du Niger.

« Au nom d’Acted, je vous demande pardon », a poursuivi Frédéric Roussel, s’adressant aux familles, réunies avec des salariés des ONG sous des arbres du Champ de Mars. « Pardon pour n’avoir pas pu protéger vos enfants, pardon pour la folie, la monstruosité des gens qui ont fait ça et pardon pour les larmes de mes 10.000 employés qui, partout dans le monde, font de leur mieux pour aider les autres », a-t-il articulé, la voix étranglée par l’émotion. « Nous allons continuer notre travail, ce sera notre vengeance », a-t-il conclu.

Des cérémonies organisées dans une centaine de pays

Des vidéos des cérémonies organisées dans une centaine de pays où les deux ONG sont présentes ont ensuite été diffusées sur un écran.

A Niamey, des salariés d’Acted ont posé les premières pierres d’une école dédiée aux victimes « qui resteront à jamais parmi nous », a dit un salarié nigérien.

« Ils ont vécu le plus cruel et le plus inhumain alors qu’ils avaient choisi de rendre le monde meilleur », a témoigné sous couvert d’anonymat un proche d’une victime. La question « qui me préoccupe le plus est : pourquoi ? Pourquoi toi ? Pourquoi tuer des humanitaires venus défendre les valeurs universelles de paix et d’humanité. Cela n’a aucun sens », a confié un autre.

« La France ne les oublie pas »

« La France ne les oublie pas », a assuré dans un communiqué le Premier ministre Jean Castex, indiquant que « les investigations judiciaires se poursuivent afin que ce crime odieux ne reste pas impuni et que leurs auteurs soient traduits en justice ».

A Paris, trois juges d’instruction antiterroristes enquêtent sur cette attaque, revendiquée par le groupe Etat islamique, en collaboration avec les autorités judiciaires nigériennes.