Homéopathie : Un médecin suspendu avec sursis, neuf reçoivent un blâme, après une tribune

Image d’illustration du rayon homéopathie d’une pharmacie. — GUILLAUME SOUVANT / AFP

Un médecin d’Ile-de-France a été condamné à trois mois de suspension avec sursis pour avoir signé une tribune contre l’homéopathie, tandis que neuf autres ont reçu un blâme l’Ordre des médecins.

Ces sanctions disciplinaires ont provoqué la « colère » et l’« incompréhension » du collectif FakeMed qui les soutient. Cette grave décision « ne représente pas une défense de l’honneur du métier » de médecin « mais une défense du corporatisme », a réagi Mathias Wargon, médecin urgentiste à Saint-Denis, qui fait partie de ceux qui ont reçu un blâme.

Une « violation du devoir de confraternité »

Mathieu Van Dessel, médecin​ généraliste à Clichy (Hauts-de-Seine) et trésorier du collectif FakeMed, s’est vu infliger la sanction rare d’« une suspension d’exercice de trois mois » avec sursis, tandis que les neuf autres médecins qui avaient comparu avec lui le 17 décembre, dont Mathias Wargon, Marion Lagneau et Pierre de Brémond d’Ars, ont reçu un blâme.

La tribune contre l’homéopathie et d’autres « médecines alternatives », parue en mars 2018 dans Le Figaro, « par la forme excessive qu’elle a adoptée, témoigne de la violation du devoir de confraternité et est de nature à déconsidérer la profession », a argumenté la chambre disciplinaire de l’Ordre des médecins d’Ile-de-France.

Une soixante de signataires poursuivis

Cette tribune, signée par 124 professionnels de santé, avait relancé le débat sur le déremboursement de l’homéopathie, clos en juillet par une décision du ministère de la Santé : depuis 1er janvier, les petites granules auparavant remboursées à 30 % ne le sont plus qu’à 15 %, et elles ne le seront plus du tout à partir de 2021.

Cette décision s’appuyait sur un avis accablant de la Haute Autorité de santé (HAS), selon laquelle les produits homéopathiques n’avaient « pas démontré scientifiquement une efficacité suffisante pour justifier d’un remboursement ». Avant même la décision finale, le Syndicat national des médecins homéopathes (SNMHF) avait poursuivi une soixantaine des signataires de la tribune devant le Conseil de l’Ordre des médecins. Il les accuse de « non-confraternité » et leur reproche les termes vifs employés dans le texte.

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