Hellfest 2022 : Sous 37°C, le festival de l’enfer n’a jamais aussi bien porté son nom

Dans l’enfer de Clisson (Loire-Atlantique)

Malgré la chaleur étouffante, notre ordinateur n’a pas encore fondu… On va pouvoir vous raconter à quoi ressemble véritablement le passage des portes de l’enfer, où des dizaines et dizaines de milliers de festivaliers crament depuis ce vendredi matin sous un soleil de Satan. Après deux ans de silence en raison de la pandémie, l’ambiance bouillante du Hellfest est de retour à Clisson, petite commune de Loire-Atlantique (placée en vigilance orange), où le thermomètre affichait 34 degrés à 14 heures. Déjà survoltés par ce que les équipes du plus gros festival de musiques extrêmes d’Europe ont présenté comme « l’édition du siècle », les participants suffoquent au rythme des premiers riffs de guitare, au sens propre comme au figuré : « On vient au Hellfest pour ça ! La sueur, la chaleur, le chaos, hurle Sylvain. Là c’est vraiment extrême, mais bon… Ça fait trop longtemps qu’on attend, donc on profite à fond ! »

Si les Hellbangers chevronnés ont déjà connu des températures caniculaires ici, le record risque d’être battu ce vendredi ou ce samedi, avec un thermomètre qui pourrait frôler les 40 degrés. Cette nuit, plusieurs brumisateurs géants sont arrivés in extremis sur le site, placés notamment autour de certaines scènes. Tout autour, c’est l’affluence devant les rideaux d’eau et les nombreux robinets, après que les gourdes et autres bouteilles (en général interdites, afin qu’elles ne servent pas de projectile) ont finalement été autorisées. Eva s’est carrément mise en sous-vêtements pour se tremper entièrement le corps. « Il faut s’hydrater, sourit l’étudiante. On a une semaine à tenir, on ne va pas se griller dès les premières heures ! » Derrière les deux scènes principales, les pompiers sont aussi sur le qui-vive pour arroser la foule qui se masse devant les barrières.

Le petit bois ombragé blindé

Car la canicule n’assomme pas la détermination des accros à ce rendez-vous, qui n’a jamais aussi bien porté son nom. Il est 15 heures et le public de la War zone, la scène la plus extrême, s’agite sous les yeux de Lemmy Kilmister, le leader de Motorhead, dont une nouvelle statue en métal a été érigée juste à côté. Mais l’endroit phare de cette édition 2022, il faut le dire, c’est quand même le petit bois du Muscadet, ombragé, où il n’y a plus une place de disponible.

Julien, 46 ans, s’est adossé à un arbre faute de pouvoir s’asseoir. Contrairement à la majorité des festivaliers qui ont opté pour le moins de tissu possible, lui porte des bagues têtes de mort, de grosses chaussures noires et une chemise sombre à manches longues. « Je ne veux pas abîmer mes tatouages en exposant trop ma peau, justifie-t-il au sujet de sa surprenante tenue vestimentaire. Et le blanc, je n’ai pas ça dans ma garde-robe ! J’espère que le corps va tenir. Heureusement que j’ai un chapeau… »

Pour les autres recommandations, pas sûres qu’elles soient toutes suivies à la lettre. Et notamment celle du préfet de Loire-Atlantique, qui a appelé à la vigilance en évitant… de consommer de l’alcool. Assis dans l’herbe, un grand sourire et le visage luisant de crème solaire, Antoine et ses potes en sont à leur quatrième pichet de bière, motivés à ce que le record de 2019 (440.000 litres de bière écoulés) tombe rapidement. Il est 17 heures et l’appli météo de son téléphone affiche 37 degrés. Plusieurs coups de chaud ont déjà été signalés au poste de secours. Pas sûr que le groupe Offspring, attendu vers 18h30 sur la Mainstage, ne fasse retomber la température.