Hauts-de-France : Une centaine de magasins sans personnel vont s’implanter dans la région

Le DIY appliqué au commerce. Cela fait bien longtemps que les caisses automatiques ont fait leur apparition dans les supermarchés traditionnels et tout le monde a déjà succombé à cette facilité, ne serait-ce que pour gagner du temps. Ce principe, deux associés l’ont poussé à son paroxysme avec Boxy, un concept de mini-supérettes complètement autonomes, autrement dit, sans personnel à l’intérieur. L’entreprise, qui compte une trentaine de magasins en Île-de-France, va se lancer à l’assaut des Hauts-de-France à partir du mois d’avril.

Si l’on veut résumer grossièrement le concept, Boxy est une sorte de mix entre les caisses automatiques de supermarché et les distributeurs de friandises, le tout gavé de technologie et compressé dans des containers maritimes recyclés. A l’intérieur, une sélection de 250 produits du quotidien, essentiellement alimentaires, et aucun employé : « Le client télécharge l’application Boxy dans laquelle il entre sa carte bancaire. Il entre dans le magasin en scannant un flashcode, fait ses courses et ressort librement. Ce sont les capteurs sur les rayons combinés aux caméras de suivi qui calculent son panier grâce à un algorithme et débitent ensuite la carte bancaire », explique David Gabai, cofondateur de Boxy. Selon lui, les erreurs sont rares, de l’ordre de 1 % en faveur ou en défaveur du client.

« Couvrir les 60 % de Français qui n’ont pas accès à un commerce de proximité »

Cette entreprise ose ainsi ce qu’Auchan, qui dispose d’une technologie comparable, notamment en Chine, refuse encore de développer en France. « Notre approche est différente, notamment sur l’approvisionnement. On ouvre des micro-entrepôts qui font office de plateformes logistiques pour les magasins aux alentours. Cela nous permet de maîtriser de manière chirurgicale les stocks », détaille l’entrepreneur. La politique d’implantation de Boxy dans les territoires est aussi différente. « Notre idée, affirme David Gabai, est de couvrir les 60 % de Français qui n’ont pas accès à un commerce de proximité à moins de 5 minutes. » Cela exclut a priori les centres-villes des grandes agglomérations, à l’instar de Paris où Boxy est surtout implantée en deuxième couronne.

Pour les Hauts-de-France, le développement commercial va commencer dans quelques jours et les premières implantations sont espérées début 2023. L’entreprise cible en priorité les villes entre 1.500 et moins de 70.000 habitants, avec une offre alimentaire faible, voire inexistante. Ensuite, selon les possibilités, la supérette peut être installée soit sur l’espace public (parkings d’écoles, parvis de gares), soit sur l’espace privé (entreprises, campus universitaires, bailleurs). « Il suffit de 15 m2 au sol et d’une prise de courant. L’installation ne prend pas plus de 24 heures », assure le cofondateur.

Dans la région, Boxy espère installer une centaine de supérettes autonomes en deux ans. En termes d’emplois créés, cela représente entre 15 et 20 postes. Parce que s’il n’y a pas de salarié dans les magasins, il y en faut en revanche dans les entrepôts, pour assurer les livraisons et effectuer la mise en rayon. Sans compter les 40 salariés qui travaillent au développement technique dont Boxy compte doubler le nombre cette année.