Hauts-de-France : L’eau du robinet mise sous surveillance dans 105 villes de la région

C’est la goutte d’eau. Alors que les Hauts-de-France sont touchés par un épisode de sécheresse depuis la fin du printemps, le peu d’eau qui reste dans les nappes phréatiques pourrait bien être pollué dans une partie de la région. Selon l’ARS, une centaine de communes sont concernées par un suivi renforcé du précieux liquide coulant du robinet en raison de la présence de « métabolites de pesticides ». Une mesure qui peut aboutir à d’éventuelles restrictions de consommation.

Les métabolites de pesticides, ce sont les molécules issues de la dégradation au fil du temps des pesticides dans les sols. Celles qui préoccupent actuellement l’ARS sont des métabolites du chloridazone, un pesticide qui était essentiellement utilisé par les producteurs de betteraves.

Pas de « valeur sanitaire maximale »

En 2007, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), assurait que ces métabolites ne représentaient pas « un risque pour la santé humaine ». C’est pourquoi il n’a jamais été établi de « valeur sanitaire maximale » au-delà de laquelle l’eau ne doit plus être consommée. Toutefois, par principe de précaution, des mesures de concentration de ces métabolites ont été entreprises à partir de 2021 sur la base d’une valeur maximale transitoire de 3 µg/l d’eau.

Et c’est sur la base de cette valeur que les autorités ont découvert que le taux était dépassé dans 45 communes des Hauts-de-France et qu’il était compris entre 2 et 3 µg/l dans 60 autres. Il a donc été décidé d’appliquer dans ces 105 villes une « surveillance renforcée ». L’ARS prévient que « des restrictions de consommation pourront être prises, uniquement dans les communes où le taux moyen en métabolites basculerait au-delà des 3 µg/l ».

Les communes concernées sont situées en grande partie dans le département de l’Aisne, mais aussi dans l’Oise, la Somme et, dans une moindre mesure, dans le Pas-de-Calais. Le Nord, quant à lui, semble moins impacté. Les mesures effectuées dans 260 communes de ce département ont révélé des taux de métabolites compris entre 0,1 et 2 µg/l.