Hauts-de-France : Le canal Seine-Nord en proie aux premières interrogations environnementales

Le tracé du canal Seine-Nord Europe — 20 Minutes

  • L’Autorité environnementale a rendu, en décembre, un premier avis concernant le projet du canal Seine-Nord dont le chantier doit commencer fin 2020.
  • L’instance de consultation s’interroge sur la multimodalité du projet qui est « affirmée sans être démontrée » et sur certaines incidences environnementales.
  • La société du canal Seine-Nord Europe (SCSNE) estime qu’il s’agit d’une « simple étape de l’instruction du dossier ».

Quelle sera l’utilité du canal Seine-Nord ? Quelles seront les incidences environnementales du chantier ? Autant de questions que pose déjà l’Autorité environnementale (AE) dans son premier avis consultatif, rendu fin décembre, concernant ce projet de liaison fluviale à grand gabarit. Pour la Société du canal Seine-Nord Europe (SCSNE), pas d’inquiétude, « il s’agit de la première demande sur un premier tronçon de 18 km. C’est une simple étape de l’instruction du dossier », explique Emilie Ledein, responsable environnement à la SCSNE. 20 Minutes fait le point.

Un calendrier soumis à l’autorisation environnementale

Après plus de 30 ans d’attente, ce projet a vu son montage financier de 5 milliards enfin bouclé, en novembre. Les premiers coups de pioche sont prévus pour la fin d’année 2020 sur ce premier tronçon dans l’Oise, après l’autorisation environnementale qui doit être délivré par la préfecture, en septembre 2020. « Ce premier tronçon doit modifier le canal existant », souligne Emilie Ledein. Les trois autres tronçons, sur les 80 km qui doivent être creusés, feront l’objet d’une nouvelle demande, dans deux ans. « Le dossier sera alors complet », promet la SCSNE. La mise en service de ce nouveau canal est prévue en 2027.

Le trafic routier va-t-il réellement se reporter sur l’eau ?

En reliant le canal Dunkerque-Escaut avec l’Oise, grâce à 107 km à grand gabarit, le canal Seine-Nord doit ouvrir un passage aux péniches entre la Seine et les voies fluviales du Nord jusqu’en Belgique. Or, l’AE évoque « la multimodalité [du projet] qui est affirmée sans être démontrée. […] Ce qui pourrait conduire à s’interroger sur les effets positifs attendus ».

« Les prévisions de trafic sur le canal ont été modalisées en 2004. L’étude va être peaufinée pour démontrer que le bilan carbone sera positif », assure la SCSNE. En 2013, un rapport annonçait que 60 % du trafic du canal proviendraient de la route (soit 3 % du fret routier existant) et 40 % du rail (soit 15 % du fret ferroviaire). « Un transfert sans intérêt écologique alors que le réseau ferré est loin d’être saturé », dénonçait Jean Sivardière, de la Fédération nationale des associations d’usagers des transports (Fnaut) sur le site Reporterre.

Les incidences environnementales du chantier ?

Sur ce sujet, l’AE recommande à la SCSNE de préciser « la gestion des déblais et du bruit » et de lever « les incertitudes techniques concernant l’étanchéité et l’alimentation du canal, dans le contexte du changement climatique, ou encore les incidences sur les nappes ». Concernant les déblais, « environ 2 millions de m3 d’excédents vont permettre de rehausser les terres agricoles », annonce Emilie Ledein. Quant aux problèmes techniques évoqués, « plusieurs solutions sont envisagées, il nous reste juste à définir laquelle sera choisie ».

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