Hautes-Alpes : Le maire de Gap en grève de la faim contre la fermeture de classes d’école

Une fermeture de trop. Roger Didier, maire divers droite de Gap (Hautes-Alpes), a entamé lundi matin une grève de la faim pour protester contre la fermeture d’une classe dans une école du centre-ville. Cette action radicale intervient après plusieurs tentatives de mobilisation. D’abord dès la rentrée, avec des rassemblements devant les écoles et l’inspection académique et une pétition. L’action de cet élu de 71 ans, maire depuis 2007, est ensuite montée d’un cran avec une action de blocage des salles de classe dans les écoles concernées pendant deux jours en début de semaine. « Nous avions organisé une garderie avec le personnel des écoles et des animateurs de centre aérés municipaux », explique-t-il. Mis en garde par courrier par le préfet, l’action a été stoppée. Dans un communiqué, l’inspection académique, de même que la directrice de l’école, ont annoncé porter plainte « pour entrave à l’ordre public et au droit à l’éducation ». Restait donc l’option de la grève de la faim.

« C’est une décision extrême qui peut être lourde de conséquences, mais j’y suis poussé par cette absence d’écoute de la part de l’Education nationale », regrette Roger Didier qui, ce jeudi, commençait à se sentir « un peu faible », se contentant de boire de l’eau.

22,5 enfants par classe contre une moyenne départementale de 19,9

Installé dans son bureau de la mairie centrale, l’élu assure tout de même ses fonctions et détaille les raisons de son action. « L’école de Porte-Collombe est passée cette année de 240 à 248 élèves. Par ailleurs, en mars, 86 logements sociaux nous seront livrés après la réhabilitation d’un ancien couvent situé à 200 mètres de l’école. Aussi, cette école accueille les enfants demandeurs d’asiles, qui étaient 18 l’an passé et qui ne sont pas comptabilisés dans les effectifs. » Selon la mairie, le nombre moyen d’élèves par classe dans cette école est de 22,5 enfants, contre une moyenne départementale établie à 19,9 et 21,8 en France. Autre enjeu évoqué par le maire, cette école est localisée à proximité immédiate de l’hôpital et l’élu souhaite « apporter le confort aux soignants d’une école proche, dans un contexte où il n’est pas facile de les garder ».

Une autre classe, à l’école de la gare qui accueille des élèves du dispositif Ulis (destiné aux élèves en situation de handicap), a également été fermée. En trois ans, douze classes ont été fermées dans les 20 écoles que compte la ville de 42.000 habitants. Ces deux-ci étaient visiblement celles de trop pour le maire et l’équipe municipale.

Le syndicat des professeurs d’écoles Snuipp des Hautes-Alpes « soutien le maire dans ce qu’il dit », exprime Floriane Imbert, co-secrétaire. « Deux classes ont été ouvertes dans le sud du département », observe-t-elle. Et d’enchaîner : « Nous regrettons toujours que des écoles des dans situations équivalentes ne se trouvent pas traiter de la même manière ».

« Je suis déterminé et nous espérons que cette action permette de rouvrir le dialogue avec l’inspection académique », conclut Roger Didier. Dans sa grève de la faim, qui est la première de sa vie, le maire est suivi par son médecin qui lui prend de temps en temps ses constantes (tension, glycémie…).