Haute-Savoie : La mère des deux bébés retrouvés morts poursuivie pour meurtre et écrouée

La mère de famille de 35 ans, qui avait été hospitalisée sous contrainte début janvier après la découverte de deux bébés morts cachés dans une valise dans son appartement de Rumilly (Haute-Savoie) a été mise en examen pour « meurtre » et placée en détention provisoire, a annoncé lundi le parquet d’Annecy.

« La mise en cause a été placée en garde à vue jeudi dès la levée de son hospitalisation sous contrainte. Elle a été présentée à un juge d’instruction samedi, mise en examen pour meurtre sur mineur de 15 ans et placée en détention provisoire », précise la procureure de la République Line Bonnet.

La jeune femme, qui vivait en couple avec deux enfants nés en 2020 et 2021, nie tout acte intentionnel. L’autopsie n’a pas permis de déterminer la date et la cause des décès et des analyses complémentaires sont en cours, selon la même source. Le 1er janvier, la mère de famille avait elle-même révélé « avoir à son domicile les corps de deux bébés morts » quand elle a appelé les secours pour les prévenir de ses intentions suicidaires.

Des grosses découvertes au moment de l’accouchement ?

Une fois sur place, les gendarmes ont trouvé sur ses indications « deux dépouilles emmaillotées dans une valise ». La jeune femme avait alors été interpellée puis hospitalisée sous contrainte en raison de son état mental. Une fois sortie de l’hôpital, elle a « pleinement coopéré avec les enquêteurs », selon les informations obtenues lundi auprès du parquet d’Annecy.

« Elle a reconnu avoir donné naissance à deux reprises à des enfants qui sont décédés très rapidement après leur naissance dans des circonstances qu’elle ne peut expliquer. Elle indique avoir découvert ses grossesses au moment de l’accouchement », précise encore Lise Bonnet, soulignant que la suspecte « conteste les avoir tués » et « avoir eu l’intention de les tuer ». « Elle n’a pas été en mesure de dater ses deux accouchements qui seraient intervenus toutefois il y a plusieurs années. (…) Tout ça dans une grande confusion et à une époque où cette jeune femme était en grande détresse à la fois psychologique et un peu dans une période d’errance et de toxicomanie », ajoute-t-elle.

Son compagnon depuis 2019, qui était à l’étranger depuis la mi-décembre, avait été placé en garde à vue pour recel de cadavre le 5 janvier à son retour en France, puis relâché le lendemain sans qu’aucune charge ne soit retenue contre lui. « Selon ses déclarations, son conjoint actuel n’est absolument pas le père de ces bébés. Sous toutes réserves. Elle est dans un état de grande confusion », a conclu la magistrate.