Harcèlement, violences, aide sociale… L’Assemblée nationale crée une « délégation aux droits des enfants »

Elle était réclamée depuis 20 ans. L’Assemblée nationale a créé mardi une « délégation aux droits des enfants », chargée de nourrir le travail législatif sur des sujets allant de l’aide sociale à l’enfance aux violences intrafamiliales, en passant par le harcèlement scolaire.

La création de ce nouvel organe a été décidée à l’unanimité par la conférence des présidents de l’Assemblée, qui réunit les chefs de file des groupes politiques, sur proposition de sa présidente Yaël Braun-Pivet (Renaissance, majorité présidentielle). Elle sera composée de 36 députés, répartis entre les groupes de manière proportionnelle à leur présence dans l’hémicycle.

« 120 enfants perdent la vie chaque année sous les coups, des milliers subissent de la violence, à la maison ou à l’école. C’est un tabou sur lequel je souhaite que l’ensemble des groupes politiques travaillent », a plaidé Yaël Braun-Pivet, dans une déclaration transmise à l’AFP.

Violences intrafamiliales, inceste, harcèlement scolaire…

Les délégations, qui existent aussi au Sénat, visent à permettre aux parlementaires de se forger une expertise sur certains sujets, pour améliorer le travail législatif et le contrôle de l’action du gouvernement dans un domaine. De tels organes de réflexion et de suivi, aux prérogatives moins larges que les commissions parlementaires permanentes, existent par exemple sur des sujets comme les droits des femmes ou le renseignement.

La délégation consacrée aux droits des enfants pourra se pencher sur des thèmes comme l’aide sociale à l’enfance, les violences intrafamiliales, l’inceste, le harcèlement scolaire ou encore l’accès à la pornographie, a précisé la présidence de l’Assemblée nationale. Elle aura la possibilité d’« entendre toute personne dont elle estime l’audition nécessaire à sa bonne information », de présenter « des rapports d’information » ou encore de « réaliser des missions flash sur les sujets de sa compétence ».