Haïti : Des auteurs présumés de l’assassinat du président « encerclés » à Port-au-Prince

Au lendemain de l’assassinat du président haïtien Jovenel Moïse, plusieurs « auteurs possibles » « ont trouvé refuge dans deux bâtiments » à Port-au-Prince​ « et sont encerclés par la police », a déclaré l’émissaire de l’ONU dans ce pays, Helen La Lime, ce jeudi.

«Quatre membres du groupe ayant pénétré dans la résidence présidentielle ont été tués par la police, tandis que six autres sont maintenant détenus par la police », a-t-elle précisé de la capitale haïtienne, lors d’une visioconférence de presse avec des journalistes à New York. Selon elle, le nombre de suspects encerclés par la police est supérieur à six. Un Américain parmi les six personnes arrêtées pour l’assassinat du président haïtien, a affirmé un ministre américain.

« Nous faisons face à une situation très sérieuse actuellement »

La police haïtienne avait fait part jusqu’à présent de quatre tués et deux personnes interpellées. L’émissaire a précisé avoir obtenu ces informations au cours des dernières 12 heures. S’exprimant à l’issue d’une réunion d’urgence à huis clos du Conseil de sécurité, demandée par les Etats-Unis et le Mexique, qui aura duré à peine une heure, l’ex-diplomate américaine a indiqué n’avoir aucune information sur l’identité des tueurs.

« Je ne sais pas qui est ce commando » et « nous devons attendre » la poursuite des investigations de la police haïtienne, a-t-elle dit. « Nous faisons face à une situation très sérieuse actuellement » en Haïti, a-t-elle souligné. Elle a aussi estimé que le Premier ministre par intérim, Claude Joseph, représentait l’autorité responsable en Haïti tant que le nouveau Premier ministre, Ariel Henry, nommé lundi par le président Moïse, n’avait pas prêté serment. Elle a évoqué l’article 149 de la Constitution haïtienne à ce sujet.

Le premier tour du scrutin présidentiel le 26 septembre maintenu

Ariel Henry conteste le pouvoir revendiqué par Claude Joseph. « S’il y a effectivement un changement dans cette procédure, il devrait être le résultat d’un accord politique entre les parties concernées », a estimé Helen La Lime, en indiquant que Claude Joseph avait déclaré être « ouvert au dialogue ».

Elle a enfin fait savoir qu’au cours d’une entrevue mercredi avec ce dernier, Claude Joseph lui avait indiqué ne pas remettre en cause le calendrier électoral, avec un premier tour du scrutin présidentiel le 26 septembre et un deuxième tour en novembre. « Quand le Premier ministre nous a rencontrés hier, il a dit qu’il tentait de maintenir ce calendrier », a précisé l’émissaire de l’ONU. « Il revient maintenant au gouvernement de Haïti et au peuple de travailler afin que ces élections puissent avoir lieu et que la population haïtienne soit en mesure de choisir ses dirigeants », a-t-elle fait valoir.