Gynécologie : Le collège de la profession recommande de ne pas recourir à l’examen pelvien systématiquement

Face aux critiques et à des accusations de violences envers plusieurs praticiens, la profession des gynécologues et obstétriciens veut réagir et rétablir un lien de confiance. A quelques jours de leur congrès annuel, le Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF) a tenu une conférence de presse, ce mercredi, pour faire un premier pas vers les patientes.

Pour les trois journées du congrès Pari(s) Santé Femmes organisé à Lille, « une place particulière a été réservée cette année aux relations patients-soignants et à la bienveillance », fait savoir le CNGOF. Le collège doit présenter aux médecins de nouvelles recommandations pour la pratique clinique de l’examen pelvien, ainsi qu’une charte des soins en salle de naissance, visant à donner un cadre et préciser quand l’examen médical est vraiment souhaitable et quand il est possible de s’en passer.

Un examen pas toujours recommandé et jamais imposé

Ainsi, les examens pelviens (sous spéculum ou par toucher vaginal), de même que les échographies endovaginales, actuellement recommandés dans un certain nombre de cas à des fins de détection et de prévention, sont souvent inutiles et ne doivent pas être systématiques, recommande le CNGOF. À titre d’exemple, chez une femme enceinte sans symptômes et sans antécédent d’accouchement prématuré, la mesure systématique de la longueur cervicale par échographie endovaginale n’est pas recommandée car cet examen n’est pas associé à une diminution de la prématurité, précise le collège.

Chez une femme enceinte ne présentant pas de symptômes et n’ayant pas de facteur de risque d’accouchement prématuré, le recours systématique au toucher vaginal lors des consultations de suivi n’est pas non plus recommandé car ne diminuant pas les complications de la grossesse.

En outre, le collège recommande de questionner les patientes sur l’existence de violences actuelles ou passées, y compris dans le cadre de la consultation ou du suivi gynécologique ou obstétrical, l’examen pelvien étant « moins bien vécu (anxiété, inconfort, douleurs, gêne, honte) chez les femmes ayant des antécédents de violence que chez les femmes n’en présentant pas ». « Même si un examen pelvien est recommandé, il n’est que proposé à la femme, qui l’accepte ou non », a insisté en conférence de presse Xavier Deffieux, gynécologue, qui a participé à l’élaboration des recommandations.

Les recommandations surviennent au moment où des voix se multiplient en Europe pour dénoncer les violences obstétricales, certains groupes de défense des droits affirmant que les femmes se voient régulièrement refuser le consentement éclairé et sont soumises à des comportements grossiers et dégradants par le personnel médical et, dans certains cas, à des pratiques dangereuses. Reste qu’« un examen gynécologique peut être mal ressenti, peut manquer de bienveillance, mais il ne peut pas être assimilé à un viol, faute de quoi les gynécologues, déjà trop peu nombreux dans les salles de naissance, deviendront encore de plus en plus rares, tant la profession ressent mal cette assimilation », met en garde le CNGOF.