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Guerre en Ukraine : Trump face à la Russie et l’Union Européenne impuissante

Le 23 février, au 1.460e jour du conflit, le Premier ministre hongrois Viktor Orbán a mis son veto à l’adoption par l’Union européenne d’un 20e paquet de sanctions contre la Russie, justifiant sa décision par des blocages au transit de pétrole russe. Selon un rapport conjoint de Kiev, la Banque Mondiale, l’Union européenne et les Nations unies, le coût de la reconstruction de l’Ukraine est estimé à 588 milliards de dollars, avec plus de 15 milliards de dollars pour la capitale Kiev.


Vous avez raté les derniers événements sur la guerre en Ukraine ? 20 Minutes fait le point pour vous tous les soirs. Voici l’essentiel de ce lundi 23 février, au 1.460e jour du conflit.

Le fait du jour

À la veille du quatrième anniversaire du déclenchement du conflit, les Européens sont mal placés pour démontrer leur impuissance. Le Premier ministre hongrois Viktor Orbán, en campagne électorale, a enfilé son costume d’empêcheur de sanctionner. Après avoir menacé tout le week-end, le leader nationaliste a effectivement mis son veto à l’adoption par l’Union européenne d’un 20e paquet de sanctions contre la Russie de Vladimir Poutine, arguant que Kiev bloque le transit de pétrole russe vers son pays et la Slovaquie via l’oléoduc Droujba, qui traverse l’Ukraine.

« C’est un revers et un message que nous ne voulions pas envoyer aujourd’hui, a déploré la cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas. Mais le travail continue ».

Orbán, qui a toujours affiché sa sympathie pour le maître du Kremlin et pour Donald Trump, menace également de bloquer l’aide à l’Ukraine de 90 milliards d’euros décidée par l’UE.

Le chiffre du jour

588 milliards de dollars. Soit plus de 5.000 milliards d’euros. C’est l’estimation du coût de la reconstruction de l’Ukraine, sur une décennie, selon un rapport conjoint de Kiev, la Banque Mondiale, l’Union européenne et les Nations Unies. Les besoins les plus importants à long terme concernent le secteur des transports (96 milliards de dollars soit 82 milliards d’euros), le secteur énergétique (77 milliards d’euros), le logement (77 milliards d’euros), le commerce et l’industrie (54 milliards d’euros) et l’agriculture (47 milliards d’euros).

Pour la capitale Kiev, fréquemment touchée par des attaques de drones et de missiles russes, la reconstruction est évaluée à plus de 15 milliards de dollars.

La déclaration du jour

« En apparence, aujourd’hui, Donald Trump semble être le valet de la Russie, un traître tout simplement », a déclaré un observateur. Ou alors, il est peut-être « un dirigeant exceptionnel » qui « sait que si les États-Unis se joignaient au chœur anti-Poutine, Poutine n’aurait plus le choix et devrait utiliser l’arme atomique », a tempéré le célèbre syndicaliste de Solidarnosc. L’avenir dira quel visage du président américain est le bon.

La tendance

Les Ukrainiens traversent une mauvaise passe, grelottant de froid. Le Premier ministre slovaque Robert Fico a annoncé ce lundi l’arrêt des livraisons d’électricité d’urgence à Kiev, en raison de l’interruption de la fourniture de pétrole russe à travers l’oléoduc Droujba. « Compte tenu de la gravité de la situation et de l’état d’urgence pétrolier décrété en Slovaquie, nous sommes contraints de procéder immédiatement à cette première mesure de réciprocité », a déclaré Robert Fico dans un message vidéo diffusé sur Facebook et envoyé aux médias.

Cette mesure « sera levée dès que le transit de pétrole vers la Slovaquie sera rétabli. Dans le cas contraire, nous prendrons de nouvelles mesures réciproques », a-t-il ajouté. Robert Fico a également menacé de reconsidérer « ses positions jusqu’ici constructives sur l’adhésion de l’Ukraine à l’UE » si l’Ukraine « continue de porter atteinte » à ses intérêts.