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Guerre en Ukraine : Plus de 1.000 Kényans enrôlés de force, la France investit des millions d’euros

Les familles de 35 Kényans enrôlés de force dans l’armée russe ont manifesté ce jeudi dans la capitale Nairobi et exigé leur rapatriement. La France va apporter une nouvelle aide de 71 millions d’euros à l’Ukraine pour soutenir son économie et reconstruire ses infrastructures, a annoncé ce jeudi le ministre de l’Economie et des Finances, Roland Lescure.

Vous avez manqué les derniers développements concernant la guerre en Ukraine ? 20 Minutes vous propose un récapitulatif chaque soir. Voici l’essentiel de ce jeudi 19 février, jour 1.456 du conflit.

Le fait du jour

« Rendez-nous nos fils. » Ce jeudi, des familles de 35 Kényans recrutés de force par l’armée russe ont manifesté à Nairobi, exigeant leur rapatriement. Précisément, plus de 1.000 Kényans se sont rendus en Russie pour combattre en Ukraine, beaucoup d’entre eux ignorant que tel était leur destin, d’après un rapport des services de renseignement présenté aux parlementaires kenyans.

Ces hommes, souvent sans expérience militaire, se sont vus contraints, une fois arrivés en Russie, de signer un contrat avec l’armée russe et ont rapidement été envoyés sur le front, où plusieurs ont perdu la vie.

Le nombre de 1.000 dépasse largement celui de 200 avancé par les autorités en décembre, un chiffre vraisemblablement sous-estimé. Selon un décompte de février, 28 d’entre eux sont portés disparus, 35 sont en service dans des camps ou des bases militaires, 89 autres sur le front et 39 sont à l’hôpital. D’autre part, 30 Kényans ont été rapatriés, et des agences de recrutement illégales ont été fermées, a affirmé le gouvernement.

L’Ouganda et l’Afrique du Sud font également partie des pays africains touchés par ce mode de recrutement, alors que la Russie subit de lourdes pertes en Ukraine.

Le chiffre du jour

71 millions d’euros. C’est la somme de la nouvelle aide que la France a annoncée pour l’Ukraine, afin de soutenir son économie et de reconstruire ses infrastructures, a déclaré ce jeudi le ministre de l’Économie et des Finances, Roland Lescure.

Ce dernier a eu une rencontre avec le ministre de l’Énergie ukrainien, avec lequel il a discuté de la situation « très difficile » de l’Ukraine, qui « subit actuellement des attaques répétées de l’armée russe sur les infrastructures énergétiques », louant la « leçon de résilience » de l’Ukraine.

Ce nouveau fonds français pour l’Ukraine se concentre principalement sur les secteurs de la santé, de l’eau, de l’agriculture et de l’énergie.

La déclaration du jour

« J’aimerais que l’Espagne entende cet appel, j’aimerais que l’Italie et la France l’entendent encore plus fortement, cet appel à augmenter les dépenses d’armement »

Ces mots proviennent de Wladyslaw Kosiniak-Kamysz, ministre de la Défense de Pologne. Dans un entretien accordé à l’AFP ce jeudi, le responsable polonais a appelé l’Espagne, la France et l’Italie à accroître leurs dépenses militaires afin de renforcer les capacités de l’UE et de l’OTAN.

L’Allemagne, la Pologne et les pays scandinaves ont déjà répondu aux demandes du président américain Donald Trump, qui a exhorté l’Europe à mieux assurer sa propre sécurité, selon Wladyslaw Kosiniak-Kamysz. « Plus l’Europe investira, plus l’Amérique nous traitera avec sérieux et respect dans ces domaines », a-t-il ajouté. Ses propos font écho à ceux, particulièrement durs, du chef de la diplomatie allemande, qui a qualifié en début de semaine d’« insuffisants » les efforts de Paris.

La tendance

L’Union européenne souhaite ouvrir « dès que possible » les négociations pour une adhésion de l’Ukraine, a déclaré jeudi le président du Conseil européen, Antonio Costa, sans toutefois préciser de date.

Le plan américain pour résoudre la guerre en Ukraine envisage une entrée de Kiev dans l’UE d’ici janvier 2027, un calendrier généralement jugé irréaliste par les experts. « Nous souhaitons pouvoir ouvrir formellement les négociations dès que possible et progresser dans le processus d’élargissement, a expliqué Antonio Costa. Je ne peux pas dire si ce sera en 2027, ni même en 2026 ou plus tard, mais l’important est de ne pas perdre l’élan. »

L’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie atteindra mardi prochain sa cinquième année, compliquant ainsi les espoirs d’une intégration rapide du pays. « Ce qui est particulièrement impressionnant, c’est que l’Ukraine, malgré la terrible guerre qu’elle endure, met en œuvre les réformes nécessaires pour devenir membre à part entière de l’Union européenne », a souligné Antonio Costa.