Guerre en Ukraine : L’ONU veut envoyer une équipe pour enquêter sur les tombes découvertes à Izioum

L’horreur de la découverte est à la hauteur des massacres de Boutcha. L’Ukraine a affirmé ce vendredi avoir trouvé quelque « 450 tombes » à Izioum, ville reprise récemment aux forces russes dans la région de Kharkiv, dans le nord-est, une découverte macabre que le président Volodymyr Zelensky a imputé à « l’occupation russe ». Le président ukrainien avait évoqué jeudi soir une « fosse commune », et le chef de la police ukrainienne affirme également avoir mis au jour « dix salles de tortures » dans la région de Kharkiv.

« Toute information de cette nature est choquante », a affirmé Elizabeth Throssell, porte-parole du Haut-Commissariat, lors du briefing régulier de l’ONU à Genève. Elle a indiqué que le Haut-Commissariat aux droits de l’Homme de l’ONU souhaitait envoyer « sous peu » une équipe à Izioum pour vérifier les allégations des autorités ukrainiennes.

Une question déjà soulevée lors du « siège de Marioupol »

« Nos collègues en Ukraine, de la mission de surveillance des droits de l’Homme en Ukraine, vérifient ces allégations et ils visent à organiser une visite à Izioum pour déterminer les circonstances de la mort de ces personnes » retrouvées dans cette ville. « Ils vont assurer un suivi et, espérons-le, organiseront une visite à Izioum bientôt », a-t-elle ajouté.

« Il est important que les circonstances de la mort des personnes qui pourraient se trouver dans ces tombes collectives soient établies », estime-t-elle. Lorsque des charniers sont découverts, il est important, a expliqué la porte-parole, de vérifier s’il s’agissait de militaires ou de civils, s’ils ont été tués ou s’ils sont morts dans le cadre des combats ou bien de causes naturelles exacerbées par le manque de soins médicaux. « Comme vous vous en souvenez peut-être, c’est une question qui a été soulevée à plusieurs reprises pendant les combats et le siège de Marioupol », a-t-elle indiqué.

La Russie nie avoir commis toutes les exactions dont Kiev l’accuse depuis le début de la guerre. Le 9 septembre, l’ONU a indiqué que sa mission de surveillance des droits de l’Homme en Ukraine avait jusqu’à présent documenté plus de quatre cents détentions arbitraires et disparitions forcées par les forces russes en Ukraine ainsi que 51 arrestations arbitraires par les forces ukrainiennes. La mission doit publier le 27 septembre un rapport complet sur l’impact de l’invasion russe sur les droits humains en Ukraine.