Guerre en Ukraine : Le président Zelensky s’exprimera mardi devant le Conseil de sécurité de l’ONU sur le « massacre de Boutcha »

C’est une première en près de six semaines de conflit. Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, s’exprimera mardi lors d’une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU sur l’Ukraine, dominée par « le massacre de Boutcha », a annoncé lundi sur Twitter la mission diplomatique britannique qui préside en avril cette instance des Nations unies.

Interrogée, la mission n’a pas été en mesure de dire à ce stade si cette intervention par liaison vidéo, inédite à une réunion de l’ONU à New York depuis l’invasion russe du 24 février de l’Ukraine, serait en direct ou enregistrée à l’avance. La session mardi du Conseil de sécurité était prévue de longue date avec notamment une participation du secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres.

« Crimes de guerre »

Lundi, Volodymyr Zelensky, portant un manteau kaki et un gilet pare-balles couleur camouflage, a passé une demi-heure à Boutcha, près de Kiev, où il a accusé les forces russes d’avoir commis des « crimes de guerre » qui seront « reconnus comme génocide ».

« La présidence britannique du Conseil veillera à ce que la vérité soit entendue sur les crimes de guerre de la Russie. Nous allons exposer la guerre de Poutine pour ce qu’elle est vraiment », a ajouté la mission britannique sur son compte Twitter.

La version russe mise à mal par des photos satellites

Moscou a pour sa part démenti avoir tué des civils à Boutcha, le Kremlin et le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov évoquant des « falsifications » et mises en scène ukrainiennes. Lors d’une conférence de presse à l’ONU, l’ambassadeur russe Vassili Nebenzia a assuré qu’il n’y avait aucun cadavre de civils dans les rues jusqu’au départ des troupes russes le 30 mars.

Mais en analysant côte à côte une vidéo filmée le 2 avril et des images satellites de Maxar du 11 mars, le New York Times relève que 11 cadavres gisaient déjà aux mêmes endroits dans la rue Yablonska il y a trois semaines, quand la Russie contrôlait Boutcha. Les corps ne sont que des taches sombres pixelisés ne peuvent pas être identifiés avec certitude, mais leur position relative à des points de repère, comme des voitures abandonnées dans la rue, laisse peu de doute.

La découverte de dizaines de cadavres de civils a suscité de nombreuses indignations à l’étranger et la promesse de nouvelles sanctions. Le président américain, Joe Biden, a même réclamé un « procès pour crimes de guerre » contre Vladimir Poutine.