Guerre en Ukraine : La Russie promet de réduire « radicalement » son activité militaire

La désescalade va-t-elle avoir lieu ? La question est posée alors que la Russie a promis mardi de « radicalement » réduire son activité militaire en direction de Kiev et Tcherniguiv en Ukraine, après des pourparlers russo-ukrainiens « substantiels » à Istanbul.

« Les négociations sur un accord sur la neutralité et le statut non nucléaire de l’Ukraine entrant dans une dimension pratique (…), il a été décidé, pour accroître la confiance, de réduire radicalement l’activité militaire en direction de Kiev et Tcherniguiv », a déclaré depuis la Turquie le vice-ministre russe de la Défense, Alexandre Fomine, à l’issue des discussions.

La question de la neutralité de l’Ukraine

Le chef de la délégation russe et représentant du Kremlin, Vladimir Medinski, a pour sa part annoncé que les propositions « claires » de l’Ukraine en vue d’un accord allaient être « étudiées très prochainement et soumises au président » russe. Selon lui, une rencontre des dirigeants Volodymyr Zelensky et Vladimir Poutine, et de représentants d’Etats garants, serait possible en cas d’accord pour mettre fin aux hostilités. « A condition d'(effectuer) un travail rapide sur l’accord, et de trouver les compromis nécessaires, la possibilité de conclure la paix se rapprochera », a-t-il estimé.

Dans une deuxième déclaration à la télévision russe, Vladimir Medinski a détaillé les propositions présentées plus tôt par Kiev, qui s’engagerait à une neutralité sous réserve d’avoir des puissances étrangères garantissant sa sécurité. L’Ukraine accepterait aussi de ne pas accueillir de bases militaires étrangères et d’adopter un statut « non nucléaire ». La neutralité revient pour Kiev à renoncer à intégrer l’Otan, une ligne rouge pour Moscou.

Crimée et Donbass mis à part

Pour le négociateur en chef ukrainien, David Arakhamia, les garanties de sécurité doivent apporter le même type de protection que l’article 5 du traité de l’Alliance atlantique qui stipule qu’une attaque contre l’un de ses membres est une attaque contre tous. Kiev propose que ces garanties ne couvrent pas dans l’immédiat la Crimée​, annexée par la Russie en 2014, ni les territoires sous contrôle de séparatistes prorusses depuis 2014. Ces différends devront faire l’objet de négociations séparées. Enfin, selon le négociateur russe, Kiev veut que Moscou s’engage à ne pas s’opposer à ce que l’Ukraine rejoigne l’Union européenne.

Tout en restant méfiant, Volodymyr Zelensky a reconnu l’avancée des discussions. « Nous pouvons dire que les signaux que nous entendons dans les négociations sont positifs, mais ils ne font pas oublier les explosions ou les obus russes », a-t-il affirmé mardi dans un message vidéo. Les dirigeants américain, français, britannique, allemand et italien se sont quant à eux montrés circonspects. Joe Biden attend ainsi pour sa part de voir sir les Russes « tiennent parole ». La réalité du terrain ces prochains jours permettra de donner un début de réponse.