Guerre en Ukraine : Kiev obtient ses promesses de chars et recule à Bakhmout

Vous avez raté les derniers événements sur la guerre en Ukraine ? Pas de panique, 20 Minutes fait le point pour vous tous les soirs, à 19h30. Qui a fait quoi ? Qui a dit quoi ? Où en sommes-nous ? La réponse ci-dessous :

L’info du jour

Après de longues tergiversations, Washington va livrer 31 chars Abrams à l’Ukraine pour l’aider à combattre l’invasion russe, a annoncé ce mercredi un haut responsable américain, dans la foulée du feu vert allemand à l’envoi de chars à Kiev. Car Berlin a enfin donné son feu vert, autorisant les pays qui le souhaitent à fournir à l’Ukraine les blindés qu’ils détiennent et s’engageant de son côté à livrer quatorze Leopard 2. Les autorités ukrainiennes, la France, le Royaume-Uni ou encore l’Espagne se sont félicités de la nouvelle.

Moscou a de son côté dénoncé une décision « extrêmement dangereuse qui va amener le conflit vers un nouveau niveau de confrontation », selon l’ambassadeur de Russie à Berlin Sergueï Netchaev. « Cela nous persuade une fois encore que l’Allemagne, à l’instar de ses alliés les plus proches, ne veut pas d’une solution diplomatique à la crise ukrainienne et qu’elle veut une escalade permanente », a-t-il encore dit. « Nous faisons ce qui est nécessaire et possible pour soutenir l’Ukraine, mais nous empêchons en même temps une escalade de la guerre, vers une guerre entre la Russie et l’Otan », a tenté de tempérer le chancelier allemand Olaf Scholz. La Norvège a également annoncé l’envoi de tanks, sans préciser le nombre de chars lourds concernés.

La phrase du jour

Après des mois de combats difficiles, […] les forces armées ukrainiennes l’ont quittée. »

L’armée ukrainienne a admis ce mercredi avoir cédé aux Russes la ville de Soledar, dans l’est du pays, deux semaines après l’annonce de sa prise par Moscou. Le porte-parole militaire de la zone est, Serguiï Tcherevaty, qui a fait l’annonce, a toutefois refusé de préciser quand cette retraite a eu lieu.

Le chiffre du jour

6. C’est le nombre de hauts responsables ukrainiens qui ont été démis de leurs fonctions mercredi, au lendemain d’une série de limogeages jusque dans l’administration présidentielle sur fond d’un scandale de corruption lié à l’approvisionnement de l’armée. Le Parquet général ukrainien a annoncé dans un communiqué le départ « à leur propre demande » de cinq procureurs régionaux dans les régions de Zaporojie (sud), Kirovograd (centre), Poltava, Soumy et Tcherniguiv (nord).

Le ministre de la Défense Oleksiï Reznikov a de son côté indiqué sur Facebook mercredi que le responsable du département des achats de l’armée, Bodgan Khmelnytsky, a également été limogé, après avoir été suspendu en décembre.

La tendance

Ce mercredi, les troupes russes ont revendiqué des avancées à Bakhmout, épicentre du conflit dans l’est de l’Ukraine où des combats se dérouleraient dans certains quartiers de la ville. « Des hostilités assez dures se poursuivent à Bakhmout. […] Des combats se déroulent déjà quelque part à la périphérie, et quelque part dans ces quartiers qui étaient encore tenus par l’ennemi assez récemment », a déclaré Denis Pouchiline, chef de l’occupation russe dans la région de Donetsk, cité par les agences de presse russes.

Selon lui, les troupes russes, et en particulier des mercenaires du groupe paramilitaire Wagner, « avancent ». Bakhmout, qui comptait 70.000 habitants avant le conflit, subit depuis l’été des assauts répétés des troupes russes, sans que celles-ci soient jusqu’à présent parvenues à briser les défenses ukrainiennes. La ville, en grande partie détruite et dont l’importance stratégique est contestée par les experts, est devenue ces derniers mois le lieu de lourdes pertes dans les deux camps. L’état-major ukrainien a confirmé dans son rapport quotidien mercredi des assauts russes à Bakhmout et dans sa région.

Selon l’Institut pour l’étude de la guerre (ISW), un centre de réflexion basé aux Etats-Unis, les « forces russes ont réalisé des gains territoriaux marginaux à Bakhmout ». Il a relevé aussi des informations faisant état d’une offensive russe en cours à Vougledar, plus au sud.