Guerre en Ukraine : Exportations de céréales, pas de « bombe sale »… Une semaine de tensions en quatre infographies

Les civils de Kherson sont-ils mis à l’abri par l’armée russe, ou déportés comme l’affirment les autorités ukrainiennes ? Et alors que la contre-offensive ukrainienne se poursuit dans l’Est, la guerre reste aussi celle de la communication. Si Moscou évoque des « évacuations » quand Kiev parle de « déportations », les deux pays ont continué cette semaine à s’opposer également à propos de la « bombe sale ». L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a inspecté les sites ukrainiens et sa conclusion est cependant sans appel : elle n’a rien trouvé. A noter que, cette semaine toujours, les exportations de céréales ont pu reprendre. Mais pour combien de temps ? 20 Minutes fait le point sur la guerre en Ukraine au 254e jour du conflit.

La contre-offensive ukrainienne se poursuit dans l’Est

a Carte de la situation en Ukraine le 4 novembre à 7h.
a Carte de la situation en Ukraine le 4 novembre à 7h. – Simon MALFATTO, Paz PIZARRO, Kenan AUGEARD / AFP

Tandis que quatre millions d’Ukrainiens sont privés d’électricité à cause des bombardements russes sur les infrastructures civiles du pays, la contre-offensive ukrainienne se poursuit dans l’est du pays. Alors que l’armée ukrainienne s’approche de la ville annexée de Kherson, les autorités russes ont annoncé ce vendredi un couvre-feu 24h/24 dans la ville, avant de se dédire quelques minutes plus tard. « La situation à Kherson est aussi claire que de la boue », a noté sur Twitter Michael Kofman, du Center for Naval Analyses, qui s’est récemment rendu en Ukraine avec plusieurs de ses collègues.

Le sort des civils n’est pas plus limpide. La Russie affirme « évacuer » chaque jour « plus de 5.000 » civils. L’Ukraine dénonce de son côté des « déportations ». « L’administration d’occupation russe a commencé des déplacements de masse forcés d’habitants » de la région de Kherson, plus particulièrement de Skadovsk et Kakhovka, vers la Crimée ou vers la Russie, affirme le ministère ukrainien des Affaires étrangères. « Des déplacements similaires sont aussi menés par la Russie dans les régions de Zaporojie, Lougansk et Donetsk, ainsi qu’en Crimée », ajoute le ministère, qui souligne que ces déplacements sont accompagnés « de pillages par les occupants russes d’établissements industriels, culturels, éducatifs et médicaux, ainsi que de maisons et d’appartements privés. »

Reprise des exportations de céréales

Les pays destinataires des exportations de céréales depuis l'Ukraine par voie maritime, depuis le mois de juillet jusqu'au 1er novembre
Les pays destinataires des exportations de céréales depuis l’Ukraine par voie maritime, depuis le mois de juillet jusqu’au 1er novembre – Jonathan WALTER, Anibal MAIZ CACERES / AFP

Moscou a repris mercredi sa participation à l’accord sur l’exportation des céréales à partir des ports ukrainiens, après l’avoir suspendu samedi 29 octobre en raison de l’attaque de sa flotte en Crimée. Jeudi, sept cargos transportant près de 300.000 tonnes de céréales et de produits agricoles ont ainsi pu prendre la mer, la Russie estimant avoir reçu des garanties de Kiev sur la démilitarisation du couloir humanitaire en mer Noire. 

Mais l’accord sur les céréales signé en juillet sous l’égide des Nations unies et de la Turquie arrive à expiration le 19 novembre. Les pays du G7 et le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, appellent donc la Russie à prolonger cet accord qui a permis d’exporter dix millions de tonnes de céréales et autres produits agricoles depuis le 1er août, soulageant ainsi la crise alimentaire mondiale provoquée par cette guerre.

Pas de « bombe sale » en Ukraine

Mode d'action d'une "bombe sale", au coeur d'accusations mutuelles entre l'Ukraine et la Russie.
Mode d’action d’une « bombe sale », au coeur d’accusations mutuelles entre l’Ukraine et la Russie. – IRIS ROYER DE VERICOURT, ALAIN BOMMENEL, ANIBAL MAIZ CACERES / AFP

Kiev et Moscou s’accusent mutuellement de se préparer à utiliser une « bombe sale ». Le président russe Vladimir Poutine avait demandé la semaine dernière à l’AIEA d’inspecter les sites nucléaires ukrainiens « aussi vite que possible ». C’est désormais chose faite. Jeudi, l’AIEA a assuré n’avoir décelé à ce stade « aucun signe d’activités nucléaires non déclarées » dans trois lieux inspectés : l’Institut de recherche nucléaire de Kiev, une usine d’exploitation minière de Jovti Vody et une usine à Dnipro (centre-est).

La hausse des prix se poursuit en France

Graphiques montrant l'évolution mensuelle des prix en France depuis 2010
Graphiques montrant l’évolution mensuelle des prix en France depuis 2010 – LAURENCE SAUBADU, SYLVIE HUSSON / AFP

L’inflation en France a atteint 7,1 % sur un an, selon les données harmonisées d’Eurostat. Face à la hausse des prix, en grande partie liée à la guerre en Ukraine, le gouvernement a présenté mercredi en conseil des ministres un deuxième projet de budget rectificatif pour 2022, qui prévoit le versement d’un nouveau chèque énergie pour les plus modestes, d’un montant de 1,5 milliard d’euros, mais aussi le prolongement de la ristourne à la pompe jusqu’au 15 novembre, pour 440 millions d’euros. Le gouvernement ajoute une enveloppe de 275 millions d’euros pour aider les universités et les organismes de recherche à faire face à la flambée des coûts de l’énergie et une autre de 200 millions d’euros pour les dépenses de carburant du ministère des Armées.

Elisabeth Borne a également annoncé jeudi la création d’un « fonds pour une aide alimentaire durable » de 60 millions d’euros en 2023, destiné à permettre aux Français « les plus fragiles » d’accéder à « une alimentation de qualité ». Initialement annoncé, le chèque alimentaire ne figure pas dans le budget 2023. Il devait permettre aux foyers modestes d’acheter des produits frais et locaux, mais devant la complexité du système, le gouvernement avait annoncé en juin qu’il se fondrait dans un « chèque inflation », plus simple, distribué à la rentrée.