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Guerre en Iran : Téhéran déploie des missiles Shahed-136 contre les défenses adverses

Depuis le 28 février, l’Iran aurait lancé plus de 1.000 drones, principalement des Shahed-136, contre les pays du Golfe. Le nombre de tirs de missiles balistiques iraniens a « diminué de 86 % depuis le premier jour des combats ».


Après le tir massif de missiles balistiques au début du conflit au Proche-Orient, l’Iran intensifie maintenant le lancement de salves de drones à bas coût. Depuis le 28 février, Téhéran aurait déjà lancé plus de 1.000 drones, principalement des Shahed-136, vers les pays du Golfe. Aux Émirats, plus de 800 drones et environ 200 missiles ont été tirés, touchant un hôtel de luxe à Dubaï, la base navale française d’Abou Dabi et une usine de désalinisation.

Le général Dan Caine, chef d’état-major des forces armées américaines, a noté que le nombre de tirs de missiles balistiques iraniens avait « diminué de 86 % depuis le premier jour des combats, dont 23 % au cours des dernières 24 heures ».

Selon des estimations israéliennes et du ministère de la Défense des Émirats, l’Iran aurait lancé environ 350 missiles balistiques le premier jour (principalement sur Israël, les Émirats arabes unis, Bahreïn et le Qatar), suivi de 175 le deuxième jour, 120 le troisième et environ une cinquantaine le quatrième, soit près de 700 au total, alors que les réserves iraniennes étaient estimées à environ 2.000 avant le début de la guerre.

Le conflit entre les États-Unis et Israël d’un côté, et l’Iran de l’autre, devient « asymétrique », car « la défense aérienne de l’Iran est anéantie et qu’une bonne partie de ses missiles à longue portée ont été détruits », selon Stéphane Audrand, consultant indépendant en risques internationaux. Il souligne qu’il ne reste à l’Iran que des missiles à courte portée et quelques-uns à moyenne portée, ainsi qu’une grande quantité de drones de type Shahed.

Particulièrement le Shahed-136, utilisé par la Russie contre l’Ukraine (sous le nom de Geran-2). Souvent considéré comme un drone à bas coût (environ 35.000 dollars chacun), il s’agit d’un drone kamikaze capable de parcourir environ 2.000 km tout en transportant environ 40 kg d’explosifs.

Ces drones, tout en causant généralement des dégâts modestes, ont pour mission d’épuiser les défenses adverses, qui sont parfois contraintes d’utiliser des missiles coûtant plusieurs centaines de milliers de dollars pour les intercepter. Cependant, les défenses antiaériennes s’ajustent : elles déploient des mesures moins coûteuses telles que des tireurs sur hélicoptères ou au sol, ainsi que des missiles sol-air à faible coût, le drone étant plutôt lent et peu manœuvrant.

« L’espoir des Iraniens est, je pense, d’épuiser rapidement les stocks de missiles antiaériens des États-Unis et des pays arabes. Et d’avoir encore, après cela, des missiles et des drones à tirer, tout en maintenant une pression sur les marchés pétroliers et gaziers », ajoute Stéphane Audrand.

Les Iraniens montrent qu’ils savent cibler précisément leurs projectiles et signalent qu’ils conservent des munitions pour la phase finale. Cependant, la quantité reste incertaine. Ils disposent notamment du Khorramshahr-4, un missile de moyenne portée (MRBM) présenté pour la première fois en mai 2023, et déployé dans une base souterraine des Gardiens de la révolution islamique (CGRI).

Également appelé Keibar, il s’agit, selon l’agence officielle Irna, « d’un missile d’une portée de 2.000 kilomètres, doté d’une ogive de 1.500 kg ». Il peut atteindre les installations militaires israéliennes et américaines au Moyen-Orient. Sa portée pourrait atteindre 3.000 km avec une ogive plus légère, capable ainsi d’atteindre le sud de l’Europe. Sa vitesse à l’extérieur de l’atmosphère pourrait atteindre environ Mach 16 et environ Mach 8 dans l’atmosphère, le rendant difficile à intercepter.

Pour les missiles Emad, Ghadr et Sejjil, le poids de l’ogive varie de 750 à 850 kg, et leur portée est de 1.700 à 2.000 km, selon le site spécialisé Defence Express. L’Iran disposerait également, encore, de missiles de croisière tels que le Soumar, dont la portée est estimée entre 2.000 et 3.000 km.