Guerre en Iran : Pourquoi les prix à la pompe augmentent déjà en France ?
Depuis le début de la guerre en Iran, les prix en station-service ont augmenté de près de 10 centimes et le litre de gazole et de sans-plomb 95 s’approche des 2 euros, voire les dépasse déjà dans certaines stations. Mercredi, le baril de brent s’échangeait pour un peu plus de 80 dollars, en hausse de 15 % sur cinq jours.
Le prix du baril de pétrole augmente et, presque instantanément, les prix à la pompe suivent la même tendance. Depuis le début de la guerre en Iran, les tarifs dans les stations-service ont enregistré une hausse de près de 10 centimes, avec le litre de gazole et de sans-plomb 95 s’approchant des 2 euros, voire les dépassant déjà dans certaines stations, d’après des informations disponibles sur le site du gouvernement.
« À l’inverse du gaz, où les prix sont négociés à l’avance, les produits pétroliers comme les carburants réagissent quasiment immédiatement aux augmentations de prix du baril », souligne Michel Fayad, expert en géopolitique et marchés des hydrocarbures.
### La loi de l’offre et de la demande
Cette augmentation est « normale compte tenu de la hausse du prix du pétrole », a commenté mercredi matin sur FranceInfo le ministre de l’Économie, Roland Lescure, qui a précisé que des contrôles de la répression des fraudes seraient effectués pour s’assurer que les augmentations des prix des carburants sont « raisonnables ». Mercredi, le baril de brent s’échangeait pour un peu plus de 80 dollars, en hausse de 15 % sur cinq jours. Cette situation préoccupe visiblement certains automobilistes, qui commencent à faire des réserves d’essence et se précipitent pour faire le plein.
Roland Lescure a incité à « garder son sang-froid », affirmant qu’il n’y a « aucun problème d’approvisionnement, c’est-à-dire qu’on est dans une situation normale où on a de l’essence partout ». « Il essaie de rassurer pour éviter que la population ne se jette faire des réserves, ce qui augmenterait encore le prix selon la loi de l’offre et de la demande », ajoute Michel Fayad.
### Une « aubaine » pour certains acteurs
Le spécialiste craint une escalade de tensions entre pays musulmans du Moyen-Orient : les houthies du Yémen soutiendraient activement l’Iran en s’attaquant à des infrastructures pétrolières d’Arabie saoudite, le deuxième producteur de pétrole au monde. « Dans ce cas, ce serait catastrophique avec un prix du baril qui pourrait atteindre 200 dollars ». D’autant plus en France, « où les raffineries sont essentiellement équipées et calibrées pour traiter du pétrole de type saoudien, irakien, russe ou iranien », remarque-t-il.
Bien que les consommateurs soient directement impactés, la filière pétrolière ne semble pas s’inquiéter. « La bourse ne s’y trompe pas : les groupes producteurs de pétrole ont vu leur cours monter depuis le début de la guerre en Iran », constate-t-il. (BP + 2,7 %, Shell + 1,60 %, Esso + 13 % mercredi après-midi).
Cette hausse provoque un effet d’« aubaine », selon Michel Fayad. Les raffineurs et distributeurs prennent leur temps pour baisser les prix afin de profiter de leur marge et de constituer des réserves d’argent ou compenser des périodes de moindre rentabilité, lors desquelles les prix étaient bas. Pas sûr qu’on en revienne rapidement à ce stade.

