France

Guerre en Iran : Merz recadre Trump sur l’Otan et Téhéran

Friedrich Merz a indiqué que « nous ne participons pas à cette guerre » contre l’Iran et que « cela signifie aussi que, tant que la guerre se poursuit, nous ne participerons pas à garantir la liberté de navigation dans le détroit par des moyens militaires ». Le ministre allemand de la Défense Boris Pistorius a déclaré que l’Allemagne n’offrira « aucune participation militaire » mais est prête « à garantir, par la voie diplomatique, la sécurité du passage dans le détroit d’Ormuz ».

Friedrich Merz a souhaité clarifier sa position vis-à-vis de Donald Trump. Sa réponse à la demande du président américain, sollicitant l’aide pour sécuriser le détroit d’Ormuz – un point stratégique pour le commerce mondial des hydrocarbures – est particulièrement directe.

« Nous ne participons pas à cette guerre » contre l’Iran, avant laquelle « les États-Unis d’Amérique et Israël ne nous ont pas consultés », a déclaré lundi le chancelier allemand lors d’une rencontre à Berlin avec le Premier ministre néerlandais Rob Jetten. « Cela signifie aussi que, tant que la guerre se poursuit, nous ne participerons pas à garantir la liberté de navigation dans le détroit par des moyens militaires », a-t-il précisé.

Une guerre qui « n’est pas une affaire de l’Otan »

« Cette guerre n’est pas une affaire de l’Otan », a-t-il encore souligné, rappelant que le secrétaire général de l’Alliance atlantique, Mark Rutte, « l’a déjà souligné ». La Constitution allemande stipulerait, pour une telle intervention extérieure, la nécessité d’un mandat international, « qu’il provienne des Nations unies, de l’Union européenne ou de l’Otan », a ajouté le dirigeant conservateur.

Donald Trump a reproché lundi à certains pays de ne « pas vouloir s’impliquer » dans la sécurisation du détroit d’Ormuz, après son appel durant le week-end à aider les États-Unis dans cette tâche. « Depuis quarante ans, nous vous protégeons et vous ne voulez pas vous impliquer dans quelque chose de très mineur », a déclaré le président américain depuis la Maison-Blanche.

L’Allemagne prône la diplomatie

Berlin souhaite également comprendre « de la part d’Israël et des États-Unis », ses alliés historiques, « à quel moment les objectifs militaires en Iran auront été atteints », a souligné lundi un porte-parole du ministère allemand des Affaires étrangères. « On pourra ensuite engager des pourparlers en vue d’une solution diplomatique ».

S’opposant à toute « nouvelle escalade militaire » dans la région, l’Allemagne n’offrira « aucune participation militaire », mais se dit prête « à garantir, par la voie diplomatique, la sécurité du passage dans le détroit d’Ormuz », a déclaré le ministre allemand de la Défense, Boris Pistorius. Selon le ministre social-démocrate, la priorité militaire actuelle de Berlin est sa « responsabilité très importante » face à la menace russe sur « le flanc Est » de l’Otan et « le Grand Nord ». « Qu’attend Donald Trump d’une, disons, poignée ou même deux de frégates européennes, là-bas, dans le détroit d’Ormuz ? Qu’elles accomplissent ce que la puissante marine américaine, à elle seule, n’arrive pas à faire ? », s’est-il interrogé publiquement.